BETTY BOO -

Moi ... ma vie ... et tout ce que j'aime ...
En 1997, un ours est aperçu autour de Ploëzal, petite commune des Côtes-d'Armor. Pendant plusieurs semaines, l'ours est vu ou entendu par des habitants, et de nombreux gendarmes se mobilisent, sans succès. Vingt-neuf ans plus tard, les habitants se souviennent. Et s'il n'y avait jamais eu d'ours ?
Pourtant, rien ne peut expliquer la prĂ©sence d'un ours dans le secteur… Y en a-t-il vĂ©ritablement eu un ? Clawdia Prolongeau a menĂ© l’enquĂŞte. “Un monsieur se prĂ©sente et dit avoir trouvĂ© des traces d'ours : c'est le dĂ©but de l'affaire.”
L'histoire, Ă  mesure que le bouche-Ă -oreille fonctionne, anime la commune. D’abord Ă©voquĂ© dans la presse locale, l’ours fait l’objet d’un reportage tĂ©lĂ© au JT de Claire Chazal et se dote d’une popularitĂ© nationale. La ville se divise alors entre ceux qui croient Ă  sa prĂ©sence, et ceux qui pensent au canular. MĂŞme si la rumeur se rĂ©pand, l’ours, plus qu’un sujet de peur, amuse et alimente gaiement les conversations : “Ça a agrĂ©mentĂ© notre quotidien pendant un moment. Tout le monde en parlait”.
Les tĂ©moignages affluent, certains semblent sĂ©rieux aux yeux de la police : des habitants disent l'avoir vu en journĂ©e, d'autres avoir entendu des grognements au milieu de la nuit. Le jeudi 25 septembre, une trace de griffe est relevĂ©e sur une bâche en plastique : le zoo de Pont-Scorff, Ă  cĂ´tĂ© de Lorient, l'analyse et confirme qu'il s'agirait d'un ours d'1,20 m et de plus de 100 kilos. Plus tard, d'autres griffures sont trouvĂ©es sur un arbre par deux hommes partis Ă  la recherche de l'animal. L'affaire prend de l'ampleur et de plus en plus de personnes sont convaincues. "Ça pouvait ĂŞtre l'ours d'un cirque, c'Ă©tait plausible." "Les gendarmes ont fait venir un hĂ©licoptère de Rennes." Le vendredi 3 octobre, l'ours est vu trois fois Ă  trois heures d'intervalle et le pĂ©rimètre est bouclĂ© par la police. Des battues sont organisĂ©es pour retrouver l’animal, sans succès. Des pièges sont posĂ©s : nouvel Ă©chec. Des scientifiques se dĂ©placent et ne trouvent rien. Finalement, l’ours semble disparaĂ®tre Ă  l’automne, et l’affaire se tasse dès l’hiver. “On Ă©tait certains de retrouver l'ours, il Ă©tait cernĂ© dans un bosquet. Et puis il Ă©chappe Ă  tout le monde !”
“L'ours, sans doute, a existĂ© dans nos rĂŞves.” Aujourd’hui, l’ours n’a pas disparu Ă  PloĂ«zal. Il a marquĂ© durablement l’histoire de la ville et ses environs, notamment grâce Ă  l’organisation dĂ©sormais annuelle d’une course de l’ours qui rencontre un grand engouement. Il semble dĂ©sormais acquis que l’affaire Ă©tait une blague, et d’ailleurs diverses personnes ont dĂ©jĂ  revendiquĂ© avoir jouĂ© le rĂ´le de l’ours. “La personne, si elle est encore vivante, doit bien rigoler aujourd’hui”. Les locaux continuent de rĂŞver de l’ours et fĂŞteront d’ailleurs bientĂ´t ses 30 ans. “Sa mĂ©moire est vive, l'Ours est loin d'ĂŞtre mort“.
Cependant, en 2017, la journaliste Magali Lelchat lève enfin le voile sur le mystère, dont la solution se trouve être tout autre qu'un canular...
Histoires de tatouages qu'il a fallu effacer Camille réalise qu'elle s'est approprié un symbole d'une culture qui n'est pas la sienne. Max s'est fait tatouer le nom de son ex-copine pour la reconquérir.
"Ă€ aucun moment, il est devenu insupportable pour moi de porter ce tatouage, mais je savais qu'il ne correspondait absolument pas Ă  mon approche du monde."
Camille, 31 ans, Ă©voluait au lycĂ©e dans un milieu “rock and roll”, dans lequel le tatouage faisait office de rite de passage. Lorsqu’elle se dĂ©cide Ă  en faire un, elle trouve sur Internet un symbole de l’amour d’origine ghanĂ©enne, qu’elle choisit pour son esthĂ©tique et sans trop rĂ©flĂ©chir.
Des annĂ©es plus tard, elle prend conscience que ce tatouage relève de l’appropriation culturelle : “Je suis blanche, je n'ai absolument aucun lien avec le continent africain et Ă  l'Ă©poque je n’avais strictement aucune connaissance sur le Ghana”. Au moment de se faire tatouer, elle n’a pas fait les recherches nĂ©cessaires pour vĂ©ritablement maĂ®triser l’origine et la signification de ce symbole. Elle dĂ©cide donc de le recouvrir par un autre tatouage, en accord avec ses valeurs : “Je me sens beaucoup plus ancrĂ©e aujourd'hui avec ce tatouage plutĂ´t qu'avec l'ancien, parce qu'il me reprĂ©sente plus.”
"Quoi de mieux qu'un truc qui ne s'efface jamais ? J'ai eu comme un Ă©clair de gĂ©nie, qui n'en Ă©tait pas un…" Max, 29 ans, s’est fait tatouer par amour alors qu’il Ă©tait mineur, ce qui est illĂ©gal. En effet, Ă  ses 15 ans, il rencontre une fille avec qui il se met en couple. Il dĂ©couvre alors la libertĂ© et finit par tromper sa copine, qui le dĂ©couvre et le quitte. Face Ă  ses Ă©checs successifs pour la reconquĂ©rir, il dĂ©cide de se faire tatouer son nom sur son biceps :
“J'Ă©tais quelqu'un de romantique, mais pas de façon maline.” Le procĂ©dĂ©, fou, fonctionne et les deux se remettent ensemble pour un an. Mais, après la rupture, Max se rend vite compte que le tatouage va poser problème dans sa vie amoureuse : “Si je voulais trouver une autre meuf, je ne pouvais pas avoir le nom de mon ex tatouĂ© sur le bras”. Il finit donc par se faire recouvrir le prĂ©nom par une barre. Aujourd’hui, il ressent un peu de honte vis-Ă -vis de cette histoire, et observe qu’elle provoque parfois un mouvement de recul chez les femmes qu’il frĂ©quente, certaines se disant, selon ses propres mots :
"Attends, mais il serait pas complètement tarĂ© ce mec pour faire des trucs comme ça ?”.