💕PeTiTe-Fleur
Horloge -
Moi ... ma vie ...
Et tout ce que j'aime ...
La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur ...
Le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
290626
À Saint-Denis, les danseurs de la compagnie Philippe Decouflé mènent des ateliers dans un lycée pro, où sont scolarisés des élèves en situation irrégulière. Avec le temps, les lycéens prennent confiance et dansent sans arrêt, malgré les difficultés administratives auxquelles ils sont confrontés.
À Saint-Denis, dans le 93, dans cette ancienne usine thermique appelée La Chaufferie, s'entraînent et travaillent depuis des années les danseurs de la compagnie DCA, du chorégraphe mondialement connu Philippe Decouflé. Parmi eux, Baptiste Allaert et Olivia Lindon, qui ont accepté de donner des ateliers danse à des élèves tout juste arrivés sur le territoire français et inscrits au lycée professionnel de l'ENNA, situé à quelques mètres de La Chaufferie.
Baptiste Allaert, 31 ans, est comédien et a intégré la compagnie DCA il y a cinq ans : "Philippe Decouflé cherchait des interprètes pour animer ces ateliers avec les élèves qui viennent d'arriver en France, qui n'ont pas tous le même niveau de français." Il raconte quel a été l'intérêt des ateliers pour ces jeunes : "Créer ce groupe qui eux-mêmes n'étaient pas ensemble, avec des cultures différentes, avec des langues différentes, des niveaux de français différents."
Arthur, 29 ans, est professeur d'EPS dans un lycée professionnel à Saint-Denis : "J'ai démarré ma carrière à Saint-Denis après avoir grandi dans un petit village dans les montagnes." Il est référent d'action pour des élèves qui viennent d'arriver sur le territoire français : "L'objectif, c'est qu'ils apprennent le français, qu'ils prennent des habitudes scolaires dans l'optique d'intégrer l'année prochaine une formation professionnalisante."
Arthur explique les raisons pour lesquelles la danse a été ajoutée au programme : "Libérer les élèves avec leur, leur corps, leur façon de parler, de les sensibiliser au monde artistique." Il parle des profils de ces élèves : "Ces élèves ont des problématiques extrascolaires qui sont très importantes. Ils doivent apprendre le français rapidement, doivent s'intégrer rapidement. Ils ne se plaignent pas, ils veulent venir à l'école, ils veulent apprendre et ça m'a touché."
Aboubacry, sénégalais d'origine, est arrivé en France en 2021 et il est en CAP Métal. Il y a deux ans, il a fait un atelier de danse : "J'étais trop timide et j'avais très peur parce que la manière de danser est un peu bizarre." Aboubacry a désormais pris goût à la danse : "Ça me fait du bien, dès que je suis chez moi, ça m'arrive de danser tout seul."
Zina, professeure de lycée professionnel en PLP histoire, explique la spécificité de ces élèves : "Ils ont l'impression qu'on ne veut pas d'eux ici, donc ils sont toujours à frôler et ils essaient d'être le plus discrets possible."
La danse permet de leur redonner confiance : "Ça les aide à accepter le regard de l'autre, à bouger différemment."
Zina apprend à ses élèves le français, elle est aussi en charge de les aider à trouver une orientation qui leur convient : "Dans notre lycée, on a les métiers de la métallerie et de l'électricité dont on manque cruellement en France."
Il est demandé aux professeurs d'envoyer ces élèves vers les métiers où la main-d'œuvre est faible : "On les envoie faire des métiers que personne ne veut faire, parce qu'autrement, ils ont moins de chances d'avoir l'autorisation de rester."
La circulaire Retailleau du 23 janvier 2025 demande aux préfets d'appliquer un durcissement des conditions de régularisation des étrangers, notamment pour les enfants scolarisés en France et les mineurs devenus majeurs : "Sans papiers, les lycéens ne peuvent plus entrer en apprentissage, ni même occuper leur premier emploi. Résultat, ils ne peuvent travailler dans les métiers en tension pour lesquels l'État français les a pourtant eux-mêmes formés."
Marion, assistante pédagogique au lycée de l'ENNA, explique que la circulaire Retaillau a davantage durci la situation qui n'était pas facile en raison de la circulaire Valls : "Les seuls retours qu'on a eus sur les demandes de papiers de jeunes, c'était des obligations de quitter le territoire français."
Pendant 20 ans, des lettres anonymes de menaces sexuelles arrivent dans des boîtes aux lettres du sud Morvan. Parmi les destinataires, beaucoup sont agriculteurs et n'osent en parler. Quelques-uns cependant portent plainte, dont Valérie Bernadat, qui va découvrir qu'elle est loin d'être la seule.
Valérie habite à la Larochemillay depuis son enfance et est agricultrice retraitée : "J'ai été pendant vingt ans agricultrice, bergère, j'avais 200 brebis. Et à la mort de mon papa, j'ai repris son entreprise et j'ai fait 17 ans dans l'imprimerie". Valérie est membre d'une association, La Bresseille, pour la défense des forêts de feuillus du Morvan.
"Qui peut m'en vouloir pour m'écrire des horreurs pareilles ?"
En octobre 2021, dans sa boîte aux lettres, Valérie découvre une lettre anonyme qui comporte des menaces sexuelles : "Le Corbeau a utilisé un magazine pornographique dans lequel il a découpé des femmes dans des positions sexuelles sordides. Et un autre magazine de matériaux de castration, c'est des outils que les agriculteurs utilisent pour castrer des bêtes."
Voici un extrait d'une des lettres reçues par Valérie : "Il faut te préparer à te castrer, couper la chatte, tu n'as pas besoin de jouir à ton âge, ça suffit, chienne de salope. Ton châtreur. À bientôt."
"Heureusement que ces personnes m'ont fait confiance, ça aurait pu tourner au drame"
Gilles Martin exploite une ferme sur la région de Luzy avec ses deux fils. Son histoire de Corbeau a commencé il y a une douzaine d'années : "On a vu arriver à mon domicile des courriers qui représentaient des scènes pornos où j'étais l'acteur principal par le biais de collages, avec des scènes horribles qui m'étaient adressées."
Dans les courriers sont représentés Gilles avec les femmes de ses amis : "Il en a envoyé aussi aux maris des femmes concernées parce que c'était moi à chaque fois avec une autre femme. C'était bien marqué dans les courriers que j'avais des relations sexuelles avec les femmes de mes meilleurs copains."
"Ce mal-être aurait pu être complètement dissipé si on m'avait dit que je n'étais pas la seule"
Valérie est allée déposer plainte à la gendarmerie : "Quand vous présentez ce genre de lettre pornographique à quelqu'un qui est censé vous protéger et que vous avez affaire à quelqu'un qui ricane quand il lit ses propos pornos, eh ben oui, j'ai ressenti de l'humiliation."
Une gendarmette signale qu'une autre personne a porté plainte : "Elle n'a pas eu le temps de dire le nom de cette femme, le gendarme a coupé court à la conversation."
"Je soupçonnais tout un tas de monde"
Gilles n'est pas le seul à recevoir ces lettres, sa compagne actuelle aussi : "Sur l'enveloppe, il y avait deux chiens avec le nom de ma nouvelle compagne et moi". Sur les courriers était marqué le nom d'un expéditeur, M. Hongreur : "C'est la profession, c'est de castrer les animaux."
En novembre 2021, Valérie reçoit une nouvelle lettre : "On va te prendre un rendez-vous chez un hongreur, il va te castrer comme une bête sans ton avis, t'écraser la pointe et te l'arracher à la ficelle pour t'empêcher de jouir."
"Chez lui, ils ont découvert toutes les revues pornos sur lesquelles il a fait ses découpages"
Au mois d'avril 2022, Valérie reçoit une troisième lettre et retourne porter plainte : "Je suis tombée sur un gendarme qui a pris notre plainte un peu plus au sérieux. Ça n'a rien donné de plus mais je me suis sentie un peu plus écoutée."
En février 2024, Valérie et Gilles reçoivent un appel d'une gendarmette : "Je crois qu'on a découvert le Corbeau". C'est un voisin qui a découvert l'écriture du Corbeau : "Cet agriculteur reçoit une lettre d'insultes à caractère pornographique qui était destinée à sa compagne. Et il a reconnu l'écriture du corbeau qui était son voisin."
"Je soupçonnais d'autres personnes mais surtout pas lui"
Valérie ne connaissait pas l'homme qui se cachait derrière le corbeau : "Je ne connais pas ce monsieur, il habite à cinq kilomètres de chez moi, c'est un agriculteur qui officie depuis des années". Gilles, lui, le connaissait : "On habitait le même village. On a grandi et on a été à l'école ensemble".
Ce corbeau a opéré pendant vingt ans : "Il écrivait quatre ou cinq lettres par mois, soit plus de 200 lettres". Onze personnes ont porté plainte mais aucune enquête n'a été menée : "Ils venaient régulièrement à la gendarmerie pour déposer des lettres, pour en faire des scellés. C'était régulier comme on va chercher du pain à la boulangerie".
"Je parlerai au nom de toutes ces femmes qui n'ont pas pu le faire"
Le procès en correctionnel devait avoir lieu le 28 juillet 2025 : "Le parquet a requalifié les infractions en harcèlement à caractère sexuel en occultant les menaces". Valérie n'est pas allée à l'audience car la gendarmerie a perdu ses plaintes, son dossier était vide : "Le parquet de Nevers m'informe que le dossier ne fera pas l'objet d'une audience publique devant le tribunal correctionnel, mais d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable, c'est-à-dire de culpabilité".
Valérie déplore le manque de considération pour les victimes : "Je voudrais qu'il puisse dire pardon parce qu'il a fait du mal. Donc il faut qu'il intègre ça et pas qu'il se fasse passer pour quelqu'un de déprimé, que les femmes ne l'aimaient pas, qu'il se sente rejeté par les femmes parce que c'est toujours de la faute des femmes".
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