Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Après plusieurs dĂ©cennies de vie commune, de plus en plus de couples se sĂ©parent Ă  l’âge de la retraite. Francine, animĂ©e par un profond dĂ©sir de libertĂ©, quitte son mari Ă  la veille de la retraite.
Francine, 68 ans, habite Le Mans. Elle est issue d'une famille ouvrière de sept enfants : "Nous avons été élevés dans l'idée que les femmes devaient être de bonnes épouses et que les études étaient surtout réservées aux garçons." Très jeune, elle voulait être indépendante : "J'avais envie de vivre quelque chose seule avant de me marier et d'avoir des enfants. Il se trouve que la vie en a décidé autrement."
À l'âge de 25 ans, Francine, alors enceinte de son premier enfant, se marie : "C'est la pression de mes beaux-parents aussi qui a fait que nous nous sommes mariés." Puis les choses se sont enchainées sans vraiment qu'elle le souhaite : "Je n'ai pas eu le temps de choisir, alors j'ai été mère au foyer pendant neuf ans." Les relations avec la famille de son conjoint étaient tendues, Francine subissait beaucoup d'humiliation : "Mon mari pensait que l'amour qu'il me portait pouvait compenser cela, et je le pensais également." À 38 ans, Francine reprend ses études pendant deux ans : "J'avais quelquefois des moments douloureux où je doutais et je sentais de manière non dite que mon envie de m'élever n'était pas forcément bien perçue de la part de mon mari." C'est à ce moment qu'elle commence à questionner sa place dans son couple : "Je me sentais étouffée, pas libre de penser, de faire ce que je voulais, il était possessif." Puis un jour, en rentrant du travail, Francine voit la voiture de son mari garée devant la maison et c'est le déclic : "En voyant cette image, je me suis dit que si à la retraite on est toujours ensemble, ça ne va pas aller, je ne supporterai pas." Francine prend la décision de partir : "À l'époque, je pensais qu'en discutant avec lui, on aurait pu se rabibocher, mais j'ai compris que j'avais besoin d'une coupure importante, qu'il y avait des choses plus profondes à comprendre." Elle s'installe dans un petit appartement : "La première nuit dans mon appartement, c'était un soulagement incroyable."
Francine a pris le temps de tout expliquer à ses enfants : "J'ai réuni mes enfants et je leur ai tout expliqué. Quelle avait ma vie avec leur père, qu'il y avait des choses très positives, mais que là j'en pouvais plus." Pendant quelques années, Francine a entretenu une relation avec un homme : "Cette relation a été cachée, mais c'était justement quelque chose d'extraordinaire parce que c'était à moi." Francine vit désormais une vie agréable, avec ses amies, ses enfants et ses petits-enfants. Sa retraite lui permet de subvenir à ses besoins : "Le divorce peut précariser, mais je n'ai jamais pensé à comment ce serait après. Il fallait que je m'en aille, après je m'en sortirai.
" Et à 65 ans, elle a de nouveau rencontré l'amour : "C'est un amour qui me permet d'être moi-même. On habitera jamais ensemble. Non, parce que je pense que vraiment, la vie à deux peut tuer l'amour."
À Vannes, la Maison bleue accueille ceux dont on ne veut plus ni dans le privé, ni en HLM. Quelques kilomètres plus loin, des habitants occupent des résidences secondaires, le temps de trouver un logement pérenne. À Paris, Estelle et Alexandre reçoivent une proposition d'hébergement temporaire.
Estelle, Alexandre et leur petite fille sont Ă  la rue depuis un an. Actuellement, la famille est logĂ©e par le SAMU social dans une chambre d’hĂ´tel Ă  Palaiseau, Ă  30 km au sud de Paris. Aujourd’hui, le couple est devenu Ă©ligible, selon les critères du 115, Ă  un vrai logement pĂ©renne, "Quand vous arrivez Ă  l'Ă©chelon au dernier grade, vous ĂŞtes prioritaire pour des propositions de logement Ă  très long terme et dĂ©finitives". C’est justement parce que la famille est sur cette liste prioritaire, qu’Estelle hĂ©site Ă  accepter la proposition d’hĂ©bergement temporaire d’une auditrice, "Si on accepte la proposition de la bienfaitrice, quand on reviendra dans le dispositif, après le sĂ©jour chez elle, on redescendra au bas de l’Ă©chelle", "il faudra recommencer Ă  zĂ©ro, comme il y a un an".
Estelle et Alexandre rĂ©flĂ©chissent parfois Ă  quitter l’ĂŽle-de-France, pour maximiser leurs chances d’ĂŞtre logĂ©s. Mais rien n’est moins sĂ»r. Jusqu'en octobre 2023, il y avait en France 28 zones dĂ©finies comme tendues par le gouvernement, c’est-Ă -dire des zones dans lesquelles se loger est très compliquĂ©, et parfois mĂŞme impossible. Sauf que la rĂ©cente crise du logement a vu entrer dans cette liste noire, en octobre 2023, 154 nouvelles communes, parmi lesquelles Brest, Lorient et Vannes. Ă€ Vannes justement, RĂ©mi Dybowski-Douat se rend Ă  la Maison bleue, "*un immeuble associatif oĂą vivent celles et ceux qu'on a voulu nulle part ailleurs, pas plus en HLM que dans le parc privĂ© "*Il y a 17 logements, une salle d'animation, une buanderie ou encore un atelier, tout ce qu'il faut pour se refaire une santĂ© pendant quelques mois avant de repartir dans la bataille du logement". Odile et Sylvie sont toutes deux rĂ©sidentes.
Sylvie raconte l’angoisse de se retrouver sans logement, après que ses propriĂ©taires ont dĂ©cidĂ© de mettre en vente l’appartement dans lequel elle logeait, "Une assistante sociale m'a dirigĂ©e vers le parc privĂ© et Habitat et Humanisme, je n'y croyais pas du tout", "Je pensais vraiment me retrouver Ă  la rue au bout de quelques mois, ils ont Ă©tĂ© extrĂŞmement rĂ©actifs dès que le dossier a Ă©tĂ© posĂ©", "Passage en commission dans les deux mois, j'ai une rĂ©ponse positive : un mois et demi après, on me proposait de visiter un logement". Pourtant, dans cette rĂ©gion, et dans le reste de la France, ce ne sont pas les dĂ©marches solidaires d’habitat collectif qui se multiplient, mais bien les rĂ©sidences secondaires, inoccupĂ©es la majeure partie de l’annĂ©e. Ă€ Carnac, RĂ©mi Dybowski-Douat rencontre HervĂ©, le fondateur de l’association les Volets Ouverts, "On essaie de trouver des solutions de logement pour des gens qui sont dans l'impasse, qui travaillent ici, qui vivent ici, mais qui ne peuvent pas s'y loger.
L'accession Ă  la propriĂ©tĂ©, c'est quand mĂŞme hors de prix, et puis la location Ă  l'annĂ©e, il n'y a strictement rien, parce que comme on est une zone très touristique, des personnes qui louent prĂ©fèrent faire de la location de courte durĂ©e, de l'Airbnb par exemple". Pour permettre Ă  ces familles modestes de se loger Ă  l’annĂ©e, HervĂ© contacte les propriĂ©taires des rĂ©sidences secondaires du secteur et organise avec eux la location de leurs biens sur les pĂ©riodes dans lesquelles ils n’y rĂ©sident pas. C’est grâce aux Volets Ouverts qu’Emmanuelle, cĂ©ramiste en reconversion, a pu Ă©chapper Ă  la vie en camping, "Quand j'ai dĂ©couvert la maison la première fois, j'ai Ă©tĂ© super Ă©mue d'avoir cet endroit oĂą j'allais enfin pouvoir me reposer un petit peu".
Odile est artiste-peintre, mais elle ne vit pas de cette activitĂ©. Elle touche le RSA, ce qui ne lui permet pas de payer un loyer dans le parc privĂ©. Face Ă  la pĂ©nurie de logements HLM de petite taille, elle dĂ©cide d’abord de vivre quelque temps dans un camping-car. Sans grand espoir, elle fait une demande de logement auprès de l’association qui gère la Maison bleue. Le dossier d’Odile est retenu, "J'ai un appart tout lĂ -haut et 25 € de loyer avec les charges".