Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Arthur a perdu son père pendant la Shoah. Sa mère est revenue des camps sans le sous : pour l'aider, il trouve un travail de diamantaire et se passionne pour les diamants de couleurs. Arthur Langerman est né en 1942 de parents juifs. Ces derniers sont arrêtés à Envers (Belgique) en 1944 et envoyés en camps de concentration.
Arthur est placé dans une pouponnière pour les enfants de moins de deux ans. Seule sa mère revient vivante des camps. "La Shoah était chez nous dans la maison. Elle était là tout le temps." Lorsqu'il a quinze ans, la mère d'Arthur lui demande d'aller travailler pour "ramener un peu d'argent à la famille ". Il rêve d'être architecte, mais deviendra diamantaire. Arthur se passionne pour les diamants de couleur, plus rares que les diamants blancs. Il finit par se lancer un défi : acheter des diamants bruts pour 25 000 dollars pour les tailler et tenter de les revendre. Résultat : il vend assez rapidement pour 100 000 dollars. "À ce moment-là, ma carrière de diamantaire de couleur a commencé." Mais Arthur n'est pas seulement diamantaire, il est aussi collectionneur.
Il a commencé avec les bandes dessinées. Puis il s'est intéressé aux montres à réparer, puis aux netsuke, ces petits objets servant au maintien des kimonos japonais. Un jour de l'année 1961, alors qu'il est dans un marché aux puces, il tombe sur plusieurs cartes postales qui l'interpellent : sur l'une, il y a une grande araignée avec un nez juif, entourant le monde de ses pattes ; sur l'autre, un rabbin en train de sodomiser un enfant qui lit la Bible. "Les caricatures, c'est fait pour se moquer. Mais ces caricatures antisémites sont faites intentionnellement pour dénigrer tout un peuple et l'envoyer à l'abattoir." Alors Arthur commence à collectionner les cartes postales antisémites, une lubie qui sera pour lui une forme de thérapie.
La vie d'Arthur a inspiré la bande dessinée Les dessins du diable. De la Shoah à la quête des desins antisémites, les milles vies d'Arthur Langerman, "roi du diamant de couleur", publiée aux éditions M.E.O. en avril 2024 par José-Alain Fralon.
Adieu joli mois de Mai, bonjour juin soit doux et chaleureux.
Constance a 20 ans aujourd'hui, 15 ans à l'époque des faits. Prise dans l'engrenage des réseaux sociaux, d'un mal-être adolescent, elle fait des fugues à répétition et, naïvement, frôlera la prostitution. Elle s'en sort après un "séjour de rupture" et une longue marche, sur le chemin de Compostelle.
Constance, 20 ans, habite au Havre et est étudiante en première année de droit. En 2020, elle a 15 ans et, malgré l'interdiction parentale, passe son temps sur les réseaux sociaux : "Je commence à avoir beaucoup d'abonnés, à poster des photos, à faire beaucoup de retouches." Un jour, Constance reçoit un message privé d'un rappeur qui lui propose de la rencontrer à Paris : "Il pense que je viens de Paris, que je suis en études de droit, et que je suis majeure". Elle décide alors de préparer minutieusement sa fugue : "Il y avait la tenue de la journée et la tenue du soir. Il fallait absolument que j'aie un petit sac pour montrer que je viens de Paris." Arrivée à Paris, elle retrouve le rappeur en question : "Je pensais qu'il allait savoir que j'étais mineur et finalement, je pense que ça ne l'a pas dérangé parce qu'il m'a recontacté le soir pour qu'on se voie après son show-case." Constance finit par passer la soirée avec lui : "On est dans la chambre, il me fait plein de compliments, on s'embrasse et ensuite il y a le rapport. Ça faisait partie de l'organisation du séjour."
Constance raconte avoir été sexualisée très jeune et que ça a influencé son rapport à elle-même : "Plus j'étais sexy, plus j'allais plaire, plus je mettais du maquillage et je pensais que c'était comme ça que les hommes allaient s'intéresser à moi." Après sa première fugue, ses parents changent Constance de lycée : "C'était un refuge les réseaux, où je pouvais y inventer mon prénom, mes origines, mes études, etc." C'est une période où Constance ne va pas bien et suite à la première fugue : "Il y a eu quatre années avec une fugue par an environ." Constance prend conscience que les hommes qui la contactent changent de comportement une fois qu'il y a eu un rapport sexuel : "Il me fait croire plein de choses et le lendemain, il ne me parle plus. Je me suis dit que ça ressemblait à de la prostitution."
Constante a le déclic, lorsqu'un homme avec qui elle a eu un rapport lui donne une liasse de billets avant qu'elle parte : "Je me suis sentie comme une prostituée. À cette époque, j'étais jeune, je pensais qu'il m'aimait bien, j'étais très naïve." À chaque nouvelle fugue, c'était le même processus : "J'écrivais une longue lettre à mes parents pour dire que j'irais mieux après cette fugue, que tout s'arrangera." Jusqu'à une nuit à la gare du Nord, où elle rencontre un homme qui était en réalité un proxénète : "Les policiers vont l'arrêter, lui, et ils vont m'arrêter moi aussi." Constance est placée en foyer d'urgence et au téléphone ses parents lui posent un ultimatum : "Si tu rentres, soit tu es placée, soit tu pars en séjour de rupture." Constance a déjà entendu parler des séjours de rupture par les services sociaux : "Ça consistait à partir à l'étranger avec une association pour remettre un peu tout au clair dans ma vie". Elle prend contact avec une association et se tient à carreau les mois qui suivent : "Je suis dans l'attente mais je tiens le coup, pas de fugue, pas de trucs bizarres, je travaille à l'école, je suis sympa avec mes parents".
Le 25 septembre 2022, c'est le jour du grand départ, Constance part faire le chemin de Compostelle : "C'est dur, je suis loin de mes parents, j'ai plus de téléphone, plus de repères, plus rien". Elle a construit une forte relation avec son éducatrice : "On s'est vraiment serré les coudes, elle a dit que j'étais quelqu'un d'agréable. On a tout partagé ensemble. Encore aujourd'hui, on est en contact." En arrivant en Andalousie, l'objectif est d'établir un projet : "J'ai travaillé dans des restaurants et dans des bars. Le but c'est en fait de revenir aussi avec un bon CV pour s'insérer dans la vie". En parallèle, Constance passe son bac de français : "J'ai mon bac de français, je l'ai eu avec mention passable mais c'est ça qui compte. Je n'ai jamais été scolaire, donc c'était vraiment beaucoup pour moi." De retour au Havre, Constance vit seule dans un appartement, et trouve son équilibre intérieur : "J'arrivais à être scolaire, le sport m'a aidé à aller mieux". Après avoir eu son bac, elle commence une licence de droit : "Le rythme de la fac me plaît. J'essaye d'aller à tous les cours et de rester sérieuse".
Constance va vivre une relation amoureuse pendant 2 ans : "C'était une bonne relation qui m'a vraiment permis d'avoir un autre rapport avec les hommes. Il m'a aimé pour ce que j'étais moi et ça c'était important". Les liens avec sa famille sont très soudés : "Je leur dis que je les aime. On s'entend bien, on rigole et ils ne me font pas du tout sentir qu'il s'est passé ça dans ma vie".