Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ... La vie est une belle chose ...
Et le bonheur ... Le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Quand Stéphanie Gibaud entre à UBS, en 1999, elle est chargée d'organiser des événements haut de gamme pour des clients ultra-riches. Huit ans plus tard, sa cheffe lui demande de détruire tous ses fichiers. C'est le début d'une descente aux enfers et de la première grande affaire d'évasion fiscale.
StĂ©phanie a Ă©tĂ©, pendant plus de dix ans, responsable marketing et communication de la filiale française d’UBS, l’Union des banques suisses, un Ă©tablissement spĂ©cialisĂ© en gestion de fortune. Enthousiaste quant Ă  l'idĂ©e de mettre en avant une marque, elle organise des Ă©vènements dans des golfs, des restaurants ou encore des hĂ´tels, pour attirer de la clientèle haut-de-gamme, y compris celle de la concurrence. "J'ai aimĂ© mon boulot très fort. Tout allait bien." StĂ©phanie.
"En neuf ans chez UBS, je n'ai jamais entendu ni le mot évasion fiscale, ni le mot fraude fiscale." Le 25 juin 2008, elle apprend qu'une perquisition vient d'avoir lieu dans le bureau du directeur général de la banque. Cette perquisition fait suite à la dénonciation, par un employé américain d'UBS, de fraudes au bénéfice des clients de la filiale américaine de la banque. La supérieure hiérarchique de Stéphanie lui demande de détruire tous les fichiers relatifs aux évènements clients qui sont stockés sur son disque dur. "Qu'est-ce que la destruction de mes fichiers Excel comportant le nom des clients venus sur les évènements que j'ai organisés depuis dix ans avait à faire avec cette perquisition ?" Stéphanie. Il s'avère que l'affaire américaine n'est pas un cas isolé. Stéphanie a du mal à y croire : "Je me dis qu'on est en France, qu'il y a des autorités de contrôle, des audits internes, externes, une comptabilité..." Stéphanie. Je rentre chez moi complètement sonnée en me disant que je suis au cœur d'un scandale dont j'ignore les tenants et les aboutissants." C'est le directeur du bureau de Strasbourg qui alerte Stéphanie : en organisant des évènements au profit de clients ultrariches, elle aurait favorisé un démarchage illicite ayant conduit à ce que de nombreux français puissent placer leur argent en Suisse et éviter ainsi le paiement d'impôts en France. Elle apprend en effet qu'une grande quantité de transactions ne sont pas déclarées dans la comptabilité officielle de la banque. "Si j'avais su que le modèle bancaire d'UBS était d'aider les clients à frauder, je n'y serais jamais rentrée, avec les valeurs et l'éducation que j'ai. Je me suis sentie trompée, et coupable de n'avoir rien vu." Stéphanie.
Mais au lieu de supprimer les données litigieuses, Stéphanie épluche, chez elle, tous les dossiers qu'elle possède. Elle y trouve des recommandations et techniques pour frauder le fisc. En parallèle, elle subit, au travail, du harcèlement de la part de sa supérieure hiérarchique, qui ne cesse d'insister pour qu'elle supprime ces documents. De fil en aiguille, Stéphanie se retrouve devant l'inspection du travail qui lui recommande de déposer une plainte contre UBS. "UBS, c'est la banque des personnes qui détiennent toute l'économie. Qu'allait-il m'arriver si je portais plainte ? " Stéphanie se décide finalement à porter plainte, pour six motifs, parmi lesquels le démarchage illicite des banquiers suisses en France, mais aussi le harcèlement subi de la part de sa supérieure.
Deux ans plus tard, les douanes françaises interceptent Stéphanie à Rolland-Garros et lui demandent des informations très précises portant sur les clients ayant participé aux évènements qu'elle a organisés. "Ils me donnent des instructions et j'obéis parce que je me dis que ces gens-là sont mes sauveurs." "On dit que les lanceurs d'alerte sont des vigies citoyennes qui font preuve d'exemplarité, mais ça, se sont des mots." En février 2012, Stéphanie est licenciée. Depuis, elle n'a pas retrouvé de travail. Pourtant, grâce à ses révélations et à sa collaboration avec les douanes françaises, UBS a été condamnée en appel à 1,8 milliard d'euros et ne souhaite pas s'exprimer sur les affaires judiciaires en cours. Aujourd'hui, Stéphanie vit sans aucune ressources, et s'est vue obligée de quitter Paris. Bercy a refusé de l'indemniser, sous prétexte qu'elle n'aurait été qu'un témoin dans cette affaire. "C'est à se demander si ce n'est pas mieux d'être corrompu."
Après des années à subir de la part de ses parents des insultes homophobes, des fouilles au corps pour lui confisquer son maquillage et des violences physiques diverses, Lucie, 18 ans, a décidé de porter plainte contre eux et a réussi à les faire condamner.
Les remarques homophobes de la part de ses parents, Lucie, 18 ans, les a subies avant même de faire son coming-out. Parce qu'elle aimait, enfant, coiffer les gens aux cheveux longs et jouer avec des poupées, ils parlent d'elle comme d'une "pédale" ou d'"une tarlouze". C'est après son coming-out, en novembre 2023, que l'hostilité des parents de Lucie à son égard s'accentue. "Ma mère s'est mise à me fouiller avant que je sorte pour savoir si je n'avais pas de maquillage sur moi [...]
Un jour, je lui ai pris sa main pour l'enlever, alors mon père m'a saisi par le col et m'a plaqué contre le mur." Forfait téléphonique et wifi coupés, interdiction de sortie... Lucie vit ensuite une période difficile pendant laquelle elle ne peut aller qu'au lycée et dans l'entreprise dans laquelle elle travaille. Ce sont ses camarades de classe et ses professeurs qui lui conseillent de partir de chez elle. Elle rencontre l'assistante sociale du lycée puis tout s'enchaîne : Lucie dépose une main courante pour homophobie, violences psychologiques et physiques. Ses parents sont convoqués rapidement à la gendarmerie tandis que Lucie est accueillie par sa tante.
Les parents de Lucie sont accusés d'avoir commis des violences suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours, commises en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre de la victime, et de violences commises sur un mineur par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime en présence d'un autre mineur. Le procès a lieu le vendredi 4 octobre 2024. À ce moment-là, cela fait plus de cinq mois que Lucie n'a pas vu ses parents.
Lucie doit affronter de nouveau ses parents. Leur ligne de défense ? Le fait de vivre non pas dans le Marais, mais dans une petite ville du centre de la France, la crainte du regard des autres... Néanmoins, ils sont condamnés à huit et dix mois de prison avec sursis probatoire, et se voient obligés de suivre des soins. "J'ai pris la parole non seulement pour moi, mais aussi pour les autres victimes d'homophobie." Lucie.
Lucie vit désormais dans son propre appartement et travaille toujours dans la même entreprise, elle poursuit ses études et prépare son permis. Elle a entamé un parcours de transition et a fait officiellement changer son prénom. Elle n'a jamais revu ses parents.