đź’•PeTiTe-Fleur
Horloge -
Moi ... ma vie ...
Et tout ce que j'aime ...
La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Qu'ils aient deux, quatorze ou quarante ans, depuis que la pêche les a pris, l'eau est devenue leur élément, et les poissons leurs compagnons. Ils y passent des après-midis et des soirées entières pendant lesquelles ils oublient tout le reste. Ils aimeraient toujours que ça dure plus longtemps.
Baptiste, 15 ans, est passionné de pêche : "J'ai commencé vers mes quatre ans avec ma grand-mère et après j'ai surtout fait de l'autodidacte en apprenant avec des youtubeurs." Enfant, il rêve de vivre de la pêche : "Mon rêve : habiter au bord d'un lac tout seul et pêcher toute la journée, mais après en grandissant j'ai bien vu que ça ne peut pas être possible."
Son poisson préféré, c'est le brochet : "Il va rester tout seul et n'a pas forcément besoin d'une copine pour vivre. Et sur ce point-là , je suis un peu comme le brochet". Baptiste préfère les poissons aux humains : "La pêche est bien plus facile que les relations humaines, moins de difficultés, moins de stress".
Dans certains espaces, il est interdit de tuer les poissons. Un enfant raconte : "Au début, j'étais content parce que je l'avais attrapé, j'ai ressenti de la joie et en même temps de la tristesse parce que ça doit faire mal un hameçon."
Un autre enfant témoigne : "Lui ôter la vie, c'est cruel, mais les truites vont mourir dès que l'eau dépasse 20 degrés, donc autant les tuer maintenant."
David est un adepte de la pêche à la mouche : "Les gens pensent que c'est une technique de pêche élitiste, très technique et peu accessible. Mais une fois que quelqu'un nous montre, voilà , ça y va."
David est né au bord de l'Yonne et il a commencé à pêcher vers ses onze ans : "Mon grand-père m'a offert la canne et j'ai essayé tout seul et quelqu'un m'a montré les mouvements".
"J'étais à la pêche quand elle m'a annoncé qu'on allait devenir parents"
David a transmis la passion de la pêche à son fils Dorian : "Il a pris ses premiers poissons à l'âge de deux ans".
La pêche permet à David de s'évader : "Quand je suis au bord de l'eau, dans cet environnement avec les oiseaux, les fleurs, l'eau, je me sens complètement détendu. J'ai l'impression de faire partie du vrai monde, de retourner aux origines".
"Quand je le relâche, je lui ai dit au revoir et bonne chance"
Dorian raconte ce qu'il aime dans la pĂŞche : "Le moment fort, c'est quand je prends le poisson dans ma main, c'est comme si je serrais la main Ă un copain mais en plus petit. C'est mon copain pour moi".
David veut continuer à transmettre sa passion à son fils : "J'ai hâte qu'il m'accompagne dans mes pérégrinations dans le Morvan, j'adorerais qu'il m'emmène lui aussi".
À 57 ans, pour encourager son fils décrocheur du système scolaire, Dalila décide de passer son bac en même temps que lui et dans le même lycée.
Au 132 rue d’AlĂ©sia, dans le 14ᵉ arrondissement, le lycĂ©e d’adultes de la Ville de Paris est un Ă©tablissement d’enseignement public unique en France. Chaque annĂ©e, près de 300 personnes s’inscrivent afin de prĂ©parer le baccalaurĂ©at et reprendre leurs Ă©tudes.
"Je savais qu'il avait le trac, alors j'y suis allée. Je me suis inscrite avec lui."
Dalila a 57 ans, elle vit à Colombes et travaille dans un laboratoire médical. Elle a un fils, Karim, qui a 20 ans et qui a eu plusieurs soucis au cours de sa scolarité, notamment liés à des questions de harcèlement : "Je lui ai dit : je suis là pour toi, je ne perds pas espoir et même si tu redoubles, je continuerai à t'accompagner, ne t'inquiète pas. Alors, j'ai suivi plusieurs pistes : je l'ai inscrit dans une école privée, puis au CNED, mais ça n'a pas marché. Et sur internet, par hasard, je suis tombée sur ce lycée pour adultes."
Après discussion avec son mari, ils s'engagent tous les trois dans la visite du lycée le jour des portes ouvertes. Et c'est pour rassurer son fils timide que Dalila passe le test avec lui.
"Moi, ils m'ont mis dans une classe littéraire et lui, ils l'ont mis dans une classe scientifique."
"Quand on est arrivé au lycée. La seconde, ça s'est très bien passé.
C'était facile, c'était en quelque sorte des rappels. Karim a pris confiance en lui. Mais par contre, la première, c'était une année très difficile parce qu'ils nous ont séparés pour que Karim soit plus autonome.
Ils nous ont mis à deux dans deux classes différentes, alors il y a quelques matières, le tronc commun, on travaille ensemble. [...] Je travaille en parallèle et en même temps, il y a les devoirs du lycée : dans les transports, j'avais mes fiches. L'année, a commencé à s'accélérer : du lundi et jusqu'au samedi, il n'y a pas de repos, le dimanche, le temps de faire un petit peu de ménage. Lui, il jouait aux jeux vidéos. Il ne prenait pas les révisions au sérieux alors que moi, je me suis investie. Je voulais lui montrer que si moi, je réussissais, lui aussi pouvait. Je lui ai dit Karim, tu es intelligent. Je lui dis toujours."
"Mon centre d'examen, c'était le lycée Henri IV"
Lorsque arrivent les épreuves du baccalauréat, Karim prend peur, mais Dalila, elle, tient bon : " Je suis arrivée en retard en anglais, mais je me suis dit, j'y vais quand même et j'ai eu la moyenne. J'ai eu treize. L'après-midi, j'avais une autre langue et mon centre d'examen, c'était Henri IV. C'est un lycée formidable, je l'ai visité et c'est une grosse découverte. Le lendemain, c'était histoire-géo et enseignement scientifique. Le dernier jour, c'était SVT Sciences de la vie et de la Terre, et le français. L'écrit s'est déroulé au lycée Molière, il y avait le choix entre faire une dissertation ou le commentaire de texte et je choisis le commentaire de texte. C'était un texte de Claire de Duras. Le titre Edouard, c'était un dialogue entre Edouard et une comtesse. C'est un amour impossible entre une noble et un bourgeois. J'ai analysé le texte avec mes outils et j'ai réussi. Pour l'oral, j'avais de l'avance. Quand j'ai vu que c'était "Le Mal" de Rimbaud. Je me suis dit : Ça va, je vais y arriver. "
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