Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
C’est une opĂ©ration de recrutement que l'on pourrait appeler un job dating, sur le modèle du speed dating pour cĂ©libataires. D’un cĂ´tĂ© des pourvoyeurs d’emploi, ici l'Assistance Publique des HĂ´pitaux de Marseille. De l’autre, des demandeurs d’emplois, inscrits Ă  France Travail.
Retour Ă  l’agence France Travail de la Blancarde pour suivre une sĂ©ance de job dating. Aujourd’hui, 24 candidats passeront devant, Karen et Laurent pour essayer de dĂ©crocher l'un des 13 postes proposĂ©s. ClĂ©ment Baudet a suivi trois de ces entretiens. Avant de rencontre les deux recruteurs, les candidats remplissent un questionnaire, qui servira de support pour la discussion. Sur ce document, ils prĂ©cisent les postes qui les intĂ©ressent, leurs expĂ©riences professionnelles antĂ©rieures et rĂ©pondent Ă  quelques questions sur les missions qui pourront leur ĂŞtre confiĂ©es. "Je ne sais pas me vendre : j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© ĂŞtre muet, c'est sĂ»r ils m'auraient engagĂ©" C’est Hakim qui se confronte le premier aux questions de Karen et Laurent. Karen prend la parole, "donc il y a deux postes qui vous plaisent, d'accord, avec une prĂ©fĂ©rence sur le brancardage", "pourquoi vous souhaitez travailler Ă  l'APHM ?". Hakim explique tant bien que mal ses motivations et revient sur une expĂ©rience passĂ©e, de brancardier stagiaire dans un hĂ´pital marseillais, "alors, qu'est-ce qui vous a plu sur ce poste ?", "le milieu hospitalier, le contact avec les personnes, avec les patients, il y en avait c'Ă©tait le dos, il y en avait c'Ă©taient les jambes, il y en avait c'Ă©tait Alzeihmer".
Laurent continue l’entretien, "demain, vous ĂŞtes recrutĂ©, imaginons Ă  l'APHM, mais je n’ai pas de poste sur le brancardage et je vous propose un poste d'agent hospitalier, que faites-vous ?", le candidat rĂ©pond, "ce n'est pas en restant au chĂ´mage, en refusant ce boulot que je vais trouver plus vite brancardier, en faisant les mĂ©nages et en montrant ma volontĂ© de bien faire les choses et de..., je pense que j'aurai ma chance". Les recruteurs passent ensuite Ă  diverses mises en situation, "vous ĂŞtes agent logistique, votre supĂ©rieur vous a demandĂ© de terminer le rangement de compresses en salle de soins, il vous reste quatre cartons Ă  ouvrir", "vous deviez finir votre journĂ©e dans quinze minutes, vous imaginez bien que ça vous prend plus de quinze minutes : que faites-vous ?". Hakim tente une rĂ©ponse puis l'entretien prend fin. Après son dĂ©part, Laurent revient sur ses impressions, "la posture n'est pas vraiment adaptĂ©e en fait", "lĂ , c'est un langage qui est trop familier", "quand vous arrivez dans un hĂ´pital, on va vous demander d’ĂŞtre en contact avec le public, avec les professionnels, lĂ , Ă  un moment donnĂ©, ça va heurter". De son cĂ´tĂ©, Hakim n’a que peu d’espoir, "je postule très souvent, mais je n'ai jamais de rĂ©ponse", "j’ai une façon de parler, de m’exprimer, c’est un peu quartier, c’est trop dur".
"On a besoin de profils comme vous, mais ce qui est dommage, c’est que vous n’avez pas rĂ©glĂ© vos problĂ©matiques d’horaires" Isabelle, une jeune mère cĂ©libataire, se prĂ©sente ensuite pour ce deuxième entretien. Très rapidement, Karen et Laurent soulignent les qualitĂ©s de son profil, repĂ©rĂ©es Ă  l’avance sur le CV de la jeune femme, "vous avez un beau profil". Karen repère la formation d’AES d’Isabelle (Accompagnante Éducatif et Social) et cherche Ă  comprendre pourquoi elle n’exerce pas dans ce secteur, "pourquoi vous n’avez pas souhaitĂ© poursuivre ?", "j'ai eu ma fille entre-temps, il y a quinze mois et au niveau des horaires, c'Ă©tait très compliquĂ© parce que je suis seule avec ma fille", "il n’y a pas le papa et je n’ai pas de famille".
Très vite, Karen et Laurent font comprendre Ă  la jeune mère cĂ©libataire que les horaires exigĂ©s par l’APHM et la charge de sa fille ne seront pas compatibles, "les gens vont se l’arracher votre CV madame, on a besoin de profils comme vous, mais ce qui est dommage, c’est que vous n’avez pas rĂ©glĂ© vos problĂ©matiques d’horaires", "alors, je vais vous le dire sincèrement, nous, on ne peut pas s’engager" "Super profil, super candidat" Fin heureuse peut-ĂŞtre pour le dernier passage du jour, Cyril, marseillais sympathique qui possède dĂ©jĂ  un diplĂ´me de brancardier. Laurent s'enquiert des expĂ©riences professionnelles du candidat, "qu'est-ce que vous pouvez nous vendre dans tout ce que vous avez fait comme compĂ©tence ?". Puis le recruteur passe directement aux mises en situation, très prĂ©cises cette fois-ci, que Cyril rĂ©ussit haut la main. Après le dĂ©part de l'aspirant brancardier, Laurent est enthousiaste, "moi, je n’ai rien Ă  dire, dans la prĂ©sentation, c’est satisfaisant, l’expĂ©rience, c’est très satisfaisant, la comprĂ©hension des missions, c'est très satisfaisant, l’apprĂ©hension du travail en Ă©quipe, c'est satisfaisant, ce monsieur est autonome", "donc super profil, super candidat".
Arthur a perdu son père pendant la Shoah. Sa mère est revenue des camps sans le sous : pour l'aider, il trouve un travail de diamantaire et se passionne pour les diamants de couleurs. Arthur Langerman est né en 1942 de parents juifs. Ces derniers sont arrêtés à Envers (Belgique) en 1944 et envoyés en camps de concentration.
Arthur est placé dans une pouponnière pour les enfants de moins de deux ans. Seule sa mère revient vivante des camps. "La Shoah était chez nous dans la maison. Elle était là tout le temps." Lorsqu'il a quinze ans, la mère d'Arthur lui demande d'aller travailler pour "ramener un peu d'argent à la famille ". Il rêve d'être architecte, mais deviendra diamantaire. Arthur se passionne pour les diamants de couleur, plus rares que les diamants blancs. Il finit par se lancer un défi : acheter des diamants bruts pour 25 000 dollars pour les tailler et tenter de les revendre. Résultat : il vend assez rapidement pour 100 000 dollars. "À ce moment-là, ma carrière de diamantaire de couleur a commencé." Mais Arthur n'est pas seulement diamantaire, il est aussi collectionneur.
Il a commencé avec les bandes dessinées. Puis il s'est intéressé aux montres à réparer, puis aux netsuke, ces petits objets servant au maintien des kimonos japonais. Un jour de l'année 1961, alors qu'il est dans un marché aux puces, il tombe sur plusieurs cartes postales qui l'interpellent : sur l'une, il y a une grande araignée avec un nez juif, entourant le monde de ses pattes ; sur l'autre, un rabbin en train de sodomiser un enfant qui lit la Bible. "Les caricatures, c'est fait pour se moquer. Mais ces caricatures antisémites sont faites intentionnellement pour dénigrer tout un peuple et l'envoyer à l'abattoir." Alors Arthur commence à collectionner les cartes postales antisémites, une lubie qui sera pour lui une forme de thérapie.
La vie d'Arthur a inspiré la bande dessinée Les dessins du diable. De la Shoah à la quête des desins antisémites, les milles vies d'Arthur Langerman, "roi du diamant de couleur", publiée aux éditions M.E.O. en avril 2024 par José-Alain Fralon.