BETTY BOO - Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ... La vie est une belle chose ...
Et le bonheur ... Le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Lilian vit pour cocher des oiseaux comme d’autres collectionnent des timbres. Jumelles greffées aux yeux et carnet de coche vissé à la main, il peut traverser la France au milieu de la nuit pour un pipit mystérieux aperçu quelques secondes dans un buisson.
Depuis 2018, Lilian est un ornithologue et cocheur passionné ; il collectionne le fait d’avoir vu des oiseaux rares et marque l'espèce comme « repérée » dans son carnet. Poursuivre ces oiseaux, souvent migrateurs, implique d'avoir soi-même la bougeotte : "En janvier, je vais à Oman deux semaines pour voir des nouvelles espèces : un de mes objectifs de vie, c'est d'en voir un maximum. Je collectionne les souvenirs en même temps."
Cette passion naît grâce à sa grand-mère mycologue : "Elle m'emmenait en forêt dès mes quatre ans, je regardais les fourmis, j'écoutais les oiseaux. Ça m'a émerveillé et cette passion ne m'a jamais quitté." Même la nuit, Lilian est auprès des oiseaux : "Dernièrement, j'ai rêvé d'un pipit de la Petchora perché sur un butternut, ça n'est pas du tout crédible. Mais bon, c'était un rêve." Le jeune homme est toujours à l'affût, que ça soit pendant une discussion avec un ami ou une sortie : "J'ai l'impression d'être nu, sans jumelles. Je les ai toujours dans ma voiture, on ne sait jamais. Depuis huit ans que je fais Ouessant, je n'ai jamais trouvé de raretés dans un jardin, mais ça ne veut rien dire !" L'émerveillement de Lilian face aux oiseaux n'est pas toujours évident à comprendre pour un œil non initié : "On nous prend pour des fous, parce que les oiseaux rares sont souvent austères, pas très jolis, tout marron." Toutefois, c'est ce qui plaît aux cocheurs : "S'extasier devant des oiseaux dont tout le monde se fiche, je trouve ça assez poétique ! Ce que Lilian perçoit dans leur présence en Bretagne, c'est le symbole du long voyage que ces oiseaux ont parcouru. "Normalement ils hivernent en Asie du Sud-Est. Les retrouver à Ouessant c'est insensé, ils ne pèsent que quelques grammes mais ont traversé l'Atlantique." Ce sont des égarés sur des trajectoires impossibles, ils amènent avec eux le souffle de l'ailleurs.
Lilian va très bien. Il n'a pas réussi à observer beaucoup de nouvelles espèces en France, donc sa liste de coches françaises ne s'allonge pas très vite, à son plus grand regret. En revanche, il a eu la chance de partir à Oman en janvier, où il a pu découvrir de très nombreuses espèces.
Sa liste "monde", elle, s'est donc bien enrichie. En France, il a pu cocher seulement six espèces : un bruant masqué, un hypolaïs botté, un martin-pêcheur d'Amérique, une linotte à bec jaune, une oie de la taïga, un plongeon du Pacifique.
Vivre l’urgence de partir et de devenir nomade. Voyager, c’est sentir son existence Faustine a grandi en région parisienne et rêve depuis toujours de partir à l’aventure.
Après avoir obtenu une licence en géographie, elle a l’occasion de quitter la ville pour la campagne. Elle réalise alors son rêve de vivre ailleurs. A 800 km de sa famille, c’est une rupture de la bulle de l’enfance. Tu te sens indépendant, autonome, tu commences à te sentir adulte.
Le désir d’ailleurs de Faustine persiste et s’étend. Elle décide alors de « partir sans obligation de retour, comme une nomade, sans attache ». C’était un défi. J’avais besoin de me prouver ma force, mon courage, ma volonté.
Voir le monde et construire sa vie ailleurs Un jour, John a été saisi par l’envie d’aller au Portugal. Il a quitté son boulot en Angleterre et est parti en camionnette avec sa copine et son chien. Il raconte les raisons qui l’ont poussé à partir, notamment les difficultés financières.
J’étais frustré car je travaillais, mais j’habitais toujours chez mes parents.
Le périple de John s’arrête en cours de route, dans les Pyrénées. John s’installe alors en France et découvre l’apaisement au milieu des montagnes. J’ai aimé la liberté de vivre au milieu de la nature, j’avais le sentiment que les montages étaient plus grandes que moi. Installée dans les Côtes-d'Armor, Faustine est aujourd'hui journaliste pour le média breton Splann. Jonathan s'est lui aussi enraciné en Bretagne. Il est charpentier.