Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ... La vie est une belle chose ...
Et le bonheur ... Le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Au cinĂ©ma comme au théâtre, Ariane Ascaride incarne des personnages qui portent des histoires sociales et politiques. De l’Italie Ă  Marseille, la comĂ©dienne aborde les trajectoires migratoires, les luttes sociales ou encore le gĂ©nocide des ArmĂ©niens, et donne voix Ă  Gisèle Halimi.
Ariane Ascaride, comĂ©dienne C’est un voyage qui s’offre Ă  nous, de Marseille Ă  Erevan, en passant par Naples. Ce sont des rencontres aussi, Marius et Jeannette, Missak et MĂ©linĂ©e, et tant d’autres. C'est l'histoire de gens dont les vies sont souvent invisibilisĂ©es et qui rendent Ariane Ascaride "folle d'histoire", ou plutĂ´t fada d'histoire.
Marseille et sa mosaïque culturelle - Ariane Ascaride est née en 1954 à Marseille, ville-mosaïque vers laquelle ont historiquement convergé des flux migratoires. "À l'école, la mairie offrait des cahiers au début de l'année pour les élèves. Dans la quatrième de couverture, il y avait la légende de Gyptis et Protis. J'ai été élevée avec ça. Je viens d'une ville qui s'est constituée avec l'arrivée de l'étranger", se souvient Ariane Ascaride, à propos du mythe fondateur de Marseille.
"La fille du chef du clan, au mois de mai, [Ă ] l'Ă©poque oĂą les filles choisissent leur mari, va choisir ce garçon, [un marin grec venu de PhocĂ©e, ndlr.] qui est arrivĂ© en bateau." Le père d'Ariane Ascaride est issu d’une famille italienne qui rejoint la France pour des raisons Ă©conomiques. Pourtant, dans un souci d’intĂ©gration culturelle, il ne lui a jamais appris le napolitain. Plus tard, la comĂ©dienne s’est rĂ©appropriĂ© cette histoire : elle tourne des films en Italie et en apprend la langue.
L'enfance marseillaise d'Ariane Ascaride est marquĂ©e par un père communiste et une tradition ouvrière et syndicaliste. Ces engagements la mènent vers des Ă©tudes en sociologie et sur les chemins du syndicat de l’Union nationale des Ă©tudiants de France (UNEF). C’est par le militantisme qu’elle rencontre le rĂ©alisateur Robert GuĂ©diguian, avec qui elle achève sa maĂ®trise de sociologie. En 1980, ils tournent ensemble Dernier Ă©tĂ©, premier film d’un long compagnonnage artistique. Ariane Ascaride incarne Ă©galement ses engagements sociaux au cinĂ©ma. Dans La Pie voleuse (de Robert GuĂ©diguian, 2025), elle joue Maria, auxiliaire de vie dont le conjoint est endettĂ©. Dans Rouge midi (de Robert GuĂ©diguian, 1983), elle est cette fois Maggiorina, une Calabraise qui a immigrĂ© vers l’Estaque, Ă  Marseille, dans les annĂ©es 1920.
"Moi, en tant qu'artiste, c'est peut-ĂŞtre prĂ©tentieux Ă  dire, mon rĂ´le est de faire entendre la parole de ceux qu'on croise dans la rue et sur lesquels on ne se retourne pas. Mais c'est ceux-lĂ  qui font le monde", explique la comĂ©dienne. Ariane Ascaride s’intĂ©resse aux histoires incarnĂ©es et rappelle son attachement aux rĂ©sistantes Lucie Aubrac et Charlotte Delbo. Dès l’adolescence, elle lit le Journal d’Anne Frank et prĂŞte attention aux rĂ©cits de la Seconde Guerre mondiale. Dans les annĂ©es 1960, Marseille porte encore les traces du conflit, Ă  l’image des impacts de balles sur les murs de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde. Son père, engagĂ© dans la RĂ©sistance, ne lui en a jamais fait le rĂ©cit.
Comme comĂ©dienne, Ariane Ascaride choisit des personnages qui s'opposent aux injustices et aux abus de pouvoir. Au théâtre, elle incarne Gisèle Halimi, dans l’adaptation théâtrale de Gisèle Halimi, une farouche libertĂ© (co-Ă©crit par Annick Cojean, 2020). Au cinĂ©ma, dans Les HĂ©ritiers (de Marie-Castille Mention-Schaar, 2014), elle est une professeure d’histoire-gĂ©ographie qui inscrit sa classe de seconde au Concours national de la RĂ©sistance et de la DĂ©portation.
La prosopagnosie désigne un trouble qui entraine une incapacité à reconnaitre des visages, parfois même familiers. Témoignages.
Yohann, photographe, est prosopagnosique : "C'est ne pas avoir de mémoire de visage. Ça ne veut pas dire qu'on ne reconnaît pas les gens. Ça veut dire qu'on les reconnaît sans utiliser le visage".
Le jour où Yohann comprend qu'il y a un souci, c'est lorsqu'il n'a pas reconnu son enfant à la crèche : "Quand j'arrive devant le parc, je me sens perdu parce que j'hésite entre trois". C'est à partir de là qu'il commence à faire des recherches et tombe sur la prosopagnosie. Yohann ne reconnait pas ses proches, et cela peut vexer : "Ma femme a voulu me tester, elle a été vexée parce que je n'ai pas reconnu celle que je côtoie depuis huit ans." Yohann a des souvenirs de son enfance : "En primaire, sur mon cahier de brouillon, j'avais une page secrète en face du prénom de mes copains où je notais la couleur des manteaux pour les reconnaitre". Au collège, la situation se complique : "Je suis celui qui est toujours un peu perdu, et en retard. Le monde des enfants peut être dur, je me faisais harceler".
Sa mère l'inscrit au scout, pour que Yohann se fasse des amis : "Mettre un enfant prosopagnosique avec des enfants en uniforme, c'est la pire chose qu'on peut lui faire. Ils se ressemblent tous". Adulte, Yohan travaille comme ingénieur informatique à la Défense : "Tous les collègues sont en veste et je ne sais pas qui est qui, donc je reste un peu à distance". Il apprend à reconnaitre ses collègues en fonction de leur place dans les bureaux : "Dans l'open space, les humains sont rangés à la bonne place. Sur le plan d'évacuation, j'avais mis leurs prénoms selon leur position et je révisais". En parallèle, Yohan exerce une activité de photographe de mariage : "Tout se passe bien car la personne que je dois photographier le plus est hyper facile à identifier : elle a une robe blanche, tous les autres qui gravitent autour, je n'ai pas besoin de les connaître".
"Je reconnais plus les gens de dos que par leur visage" Juliette, comédienne, décrit la prosopagnosie comme un handicap invisible : "Je ne peux pas identifier les gens par leur visage, donc je les identifie par d'autres choses comme leur voix, leur démarche, leur style vestimentaire, etc." Juliette revisite ses souvenirs d'enfance et se rend compte que tous ces amis ont toujours eu des caractéristiques très identifiables : "J'étais pote avec la fille qui avait les cheveux roses, mes petits copains, c'était des punks".