đź’•PeTiTe-Fleur
Horloge -
Moi ... ma vie ...
Et tout ce que j'aime ...
La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur ...
Le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
La prosopagnosie désigne un trouble qui entraine une incapacité à reconnaitre des visages, parfois même familiers. Témoignages.
Yohann, photographe, est prosopagnosique : "C'est ne pas avoir de mémoire de visage. Ça ne veut pas dire qu'on ne reconnaît pas les gens. Ça veut dire qu'on les reconnaît sans utiliser le visage".
Le jour où Yohann comprend qu'il y a un souci, c'est lorsqu'il n'a pas reconnu son enfant à la crèche : "Quand j'arrive devant le parc, je me sens perdu parce que j'hésite entre trois". C'est à partir de là qu'il commence à faire des recherches et tombe sur la prosopagnosie.
Yohann ne reconnait pas ses proches, et cela peut vexer : "Ma femme a voulu me tester, elle a été vexée parce que je n'ai pas reconnu celle que je côtoie depuis huit ans."
Yohann a des souvenirs de son enfance : "En primaire, sur mon cahier de brouillon, j'avais une page secrète en face du prénom de mes copains où je notais la couleur des manteaux pour les reconnaitre". Au collège, la situation se complique : "Je suis celui qui est toujours un peu perdu, et en retard. Le monde des enfants peut être dur, je me faisais harceler".
Sa mère l'inscrit au scout, pour que Yohann se fasse des amis : "Mettre un enfant prosopagnosique avec des enfants en uniforme, c'est la pire chose qu'on peut lui faire. Ils se ressemblent tous".
Adulte, Yohan travaille comme ingénieur informatique à la Défense : "Tous les collègues sont en veste et je ne sais pas qui est qui, donc je reste un peu à distance". Il apprend à reconnaitre ses collègues en fonction de leur place dans les bureaux : "Dans l'open space, les humains sont rangés à la bonne place. Sur le plan d'évacuation, j'avais mis leurs prénoms selon leur position et je révisais".
En parallèle, Yohan exerce une activité de photographe de mariage : "Tout se passe bien car la personne que je dois photographier le plus est hyper facile à identifier : elle a une robe blanche, tous les autres qui gravitent autour, je n'ai pas besoin de les connaître".
"Je reconnais plus les gens de dos que par leur visage"
Juliette, comédienne, décrit la prosopagnosie comme un handicap invisible : "Je ne peux pas identifier les gens par leur visage, donc je les identifie par d'autres choses comme leur voix, leur démarche, leur style vestimentaire, etc."
Juliette revisite ses souvenirs d'enfance et se rend compte que tous ces amis ont toujours eu des caractéristiques très identifiables : "J'étais pote avec la fille qui avait les cheveux roses, mes petits copains, c'était des punks".
Quand Stéphanie Gibaud entre à UBS, en 1999, elle est chargée d'organiser des événements haut de gamme pour des clients ultra-riches. Huit ans plus tard, sa cheffe lui demande de détruire tous ses fichiers. C'est le début d'une descente aux enfers et de la première grande affaire d'évasion fiscale.
StĂ©phanie a Ă©tĂ©, pendant plus de dix ans, responsable marketing et communication de la filiale française d’UBS, l’Union des banques suisses, un Ă©tablissement spĂ©cialisĂ© en gestion de fortune. Enthousiaste quant Ă l'idĂ©e de mettre en avant une marque, elle organise des Ă©vènements dans des golfs, des restaurants ou encore des hĂ´tels, pour attirer de la clientèle haut-de-gamme, y compris celle de la concurrence. "J'ai aimĂ© mon boulot très fort. Tout allait bien." StĂ©phanie.
"En neuf ans chez UBS, je n'ai jamais entendu ni le mot évasion fiscale, ni le mot fraude fiscale."
Le 25 juin 2008, elle apprend qu'une perquisition vient d'avoir lieu dans le bureau du directeur général de la banque. Cette perquisition fait suite à la dénonciation, par un employé américain d'UBS, de fraudes au bénéfice des clients de la filiale américaine de la banque. La supérieure hiérarchique de Stéphanie lui demande de détruire tous les fichiers relatifs aux évènements clients qui sont stockés sur son disque dur. "Qu'est-ce que la destruction de mes fichiers Excel comportant le nom des clients venus sur les évènements que j'ai organisés depuis dix ans avait à faire avec cette perquisition ?" Stéphanie.
Il s'avère que l'affaire américaine n'est pas un cas isolé. Stéphanie a du mal à y croire : "Je me dis qu'on est en France, qu'il y a des autorités de contrôle, des audits internes, externes, une comptabilité..." Stéphanie.
Je rentre chez moi complètement sonnée en me disant que je suis au cœur d'un scandale dont j'ignore les tenants et les aboutissants."
C'est le directeur du bureau de Strasbourg qui alerte Stéphanie : en organisant des évènements au profit de clients ultrariches, elle aurait favorisé un démarchage illicite ayant conduit à ce que de nombreux français puissent placer leur argent en Suisse et éviter ainsi le paiement d'impôts en France. Elle apprend en effet qu'une grande quantité de transactions ne sont pas déclarées dans la comptabilité officielle de la banque. "Si j'avais su que le modèle bancaire d'UBS était d'aider les clients à frauder, je n'y serais jamais rentrée, avec les valeurs et l'éducation que j'ai. Je me suis sentie trompée, et coupable de n'avoir rien vu." Stéphanie.
Mais au lieu de supprimer les données litigieuses, Stéphanie épluche, chez elle, tous les dossiers qu'elle possède. Elle y trouve des recommandations et techniques pour frauder le fisc. En parallèle, elle subit, au travail, du harcèlement de la part de sa supérieure hiérarchique, qui ne cesse d'insister pour qu'elle supprime ces documents. De fil en aiguille, Stéphanie se retrouve devant l'inspection du travail qui lui recommande de déposer une plainte contre UBS. "UBS, c'est la banque des personnes qui détiennent toute l'économie. Qu'allait-il m'arriver si je portais plainte ? "
Stéphanie se décide finalement à porter plainte, pour six motifs, parmi lesquels le démarchage illicite des banquiers suisses en France, mais aussi le harcèlement subi de la part de sa supérieure.
Deux ans plus tard, les douanes françaises interceptent Stéphanie à Rolland-Garros et lui demandent des informations très précises portant sur les clients ayant participé aux évènements qu'elle a organisés. "Ils me donnent des instructions et j'obéis parce que je me dis que ces gens-là sont mes sauveurs."
"On dit que les lanceurs d'alerte sont des vigies citoyennes qui font preuve d'exemplarité, mais ça, se sont des mots."
En février 2012, Stéphanie est licenciée. Depuis, elle n'a pas retrouvé de travail. Pourtant, grâce à ses révélations et à sa collaboration avec les douanes françaises, UBS a été condamnée en appel à 1,8 milliard d'euros et ne souhaite pas s'exprimer sur les affaires judiciaires en cours. Aujourd'hui, Stéphanie vit sans aucune ressources, et s'est vue obligée de quitter Paris. Bercy a refusé de l'indemniser, sous prétexte qu'elle n'aurait été qu'un témoin dans cette affaire. "C'est à se demander si ce n'est pas mieux d'être corrompu."
Inscription Ă :
Articles (Atom)






















