đź’•PeTiTe-Fleur
GrĂ©goire, le fils de mon amie BĂ©nĂ©dicte, est mort Ă 22 ans. Depuis qu’il est « parti », je suis devenue une « aidante ». Mais plus le temps passe, moins je sais comment aider.
"La toute première photo que j'ai de Grégoire, il a six ans. Il est blond, blanc, un grand sourire timide et les yeux pétillants. Un beau gamin. Un petit parisien d'une classe privilégiée, à l'aise. Et puis je me souviens de la toute dernière photo. C'était le même, en moins blond et en beaucoup plus grand. C'est la photo qui a été choisie. Elle est tirée en grand, posée sur son cercueil. On est le 14 janvier 2021. Grégoire est mort et il aura toujours 22 ans."
Aux obsèques de Grégoire, des papillons en origami sont distribués à tout le monde. Au mur, on a projeté une vidéo de Grégoire qui joue au piano. "On y voit que ses mains. C'est très beau et totalement insupportable parce que déjà , encore, Grégoire est là sans être là . Un spectre insaisissable et lumineux qui a croisé nos vies. Une sonate et le discours de Béné qui se tient droite, seule au pupitre et qui réussit à nous faire face sans s'effondrer."
Bénédicte est la mère de Grégoire. Huit mois après sa mort, en octobre, elle explique à Sophie qu'elle ne peut s'autoriser à tourner la page. "Elle m'a dit 'je n'en peux plus, mais tant que j'ai mal, alors Grégoire est avec moi. Je ne veux pas tourner la page'. Elle a dit aussi 'ça empire, je sais que je dois réaliser, mais ça me fait encore trop mal, alors pour l'instant, dans ma tête, c'est pas encore arrivé'. Elle s'est tournée vers moi et elle m'a dit 'je crois que j'ai trouvé la solution. Moi, ma douleur, toi ta panne d'inspiration, je veux que tu fasses quelque chose sur Grégoire."
"J'ai envie de garder tous les moments, de pouvoir me souvenir de tout ce que j'ai vĂ©cu avec lui et tout ce qu'il a vĂ©cu sans que ce soit atrocement douloureux. J'ai peur que mon cerveau, ma mĂ©moire les efface, pour me protĂ©ger. Il paraĂ®t que c'est ça qu'on fait quand il y a un traumatisme, qu’on efface les choses. Mais moi j'ai pas envie."
"Peut-on mourir de mélancolie, de romantisme, de trop de beauté ?"
C'est avec Pierre-Louis que Sophie a décidé de commencer la quête de compréhension du suicide de Grégoire, et à créer un objet sonore en sa mémoire. Pierre-Louis est le premier à être arrivé sur les lieux du suicide. "Quand je suis arrivé, la rue était déserte. On était le 2 janvier. Les pompiers étaient déjà partis. Je suis monté et là , au lieu que ce soit moi qui ouvre la porte, il y avait un policier qui m'a demandé qui j'étais. Deux minutes après, mon frère est arrivé. Il a tout de suite posé la question, ce que je n'ai pas fait. Il leur a demandé si Grégoire était mort. Et là , tout s'effondre."
Pierre- Louis dĂ©cide alors de prendre des photos de l'appartement de GrĂ©goire, tel qu'il l'a laissĂ© avant de mourir. "Je trouve ça quand mĂŞme un peu bizarre, ça m'apparaissait presque comme une transgression de venir ici, de parler de GrĂ©goire Ă nouveau, de sa mort. (...) On ne comprendra jamais tout Ă fait Ă ce geste. Mais je me dis que si on avait Ă©tĂ© plus proches… C'est ça que je regrette Ă©normĂ©ment, c'est de ne pas l'avoir mieux connu."
Il existe bien un terme pour désigner un parent qui a perdu son enfant : "orphelin d'enfant
François et Marie habitent à la montagne et ont été coincés pendant plusieurs heures dans un téléphérique. Sauf que Marie souffre de vertige et François est employé par la société qui gère le téléphérique. Et que ces histoires haletantes ont été générées par une intelligence artificielle.
François avait 20 ans en 1975, lorsqu'il est embauché comme agent de sécurité au téléphérique qui relie Grenoble à la Bastille, une forteresse qui surplombe la ville. Il raconte que le 29 juillet 1975, une belle journée d'été, sa vie "bascule" lorsqu'il entend un "bruit bizarre", différent des grincements des cabines qu'il connaît par cœur : il se retrouve coincé dans le vide avec des touristes. Citons-le : "Les minutes passaient et on ne bougeait toujours pas.
On était huit dans la cabine, il y avait une dame avec son bébé, un couple de personnes âgées et quelques autres passagers.
On était suspendu à environ 80 mètres du sol." François décrit son état de panique intérieur, et détaille le déroulé de plusieurs heures en suspension.
Marie a vécu une expérience similaire des années après. Cette fan d'escalade passionnée par la montagne utilisait quotidiennement le téléphérique, jusqu'au 8 septembre 2016. Alors qu'elle monte au refuge dans lequel elle travaille, la cabine s'immobilise. Comme François, elle raconte l'angoisse et les heures d'attente.
Elle dit : "Au début, on ne s'inquiétait pas trop. Les pannes, ça arrive. Mais les minutes sont devenues des heures. Il faisait de plus en plus chaud. [...] Le vent s'est levé, la cabine a commencé à se balancer. J'ai eu peur, vraiment peur, pour la première fois de ma vie en montagne." Après cette terrible expérience, Marie ne sera plus jamais la même.
Deux récits qui semblent tout à fait crédibles... et pourtant.
Ces deux histoires, entièrement produites par une intelligence artificielle entraînée à partir de 1 200 Pieds sur terre, sont l'occasion de réfléchir dans cette émission/expérience à certaines des questions que pose le recours à l'IA dans notre métier. Elles nous permettent de redéfinir le rapport de confiance que nous proposons aux auditeurs et aux auditrices, et le "pacte de vérité" qui nous unit. Et d'observer de près, comme un miroir déformant, certains de nos travers les plus flagrants.
Inscription Ă :
Articles (Atom)























