BETTY BOO -

Moi ... ma vie ... et tout ce que j'aime ...
Pierre-Marie raconte que cette femme était étrangère et vivait à Paris dans une "extrême solitude". "Dans le box, l'accusée semblait complètement perdue. Elle avait tout le prétoire contre elle."
Il y a quelques années, Pierre-Marie a été tiré au sort pour être juré dans quatre procès : trois affaires de viol et une affaire de meurtre, en appel. C’est cette dernière qui le marque le plus : il s'agissait d’une épouse accusée d'avoir assassiné la maîtresse de son mari, après que le couple adultère lui a fait vivre un enfer.
Elle avait été condamnée en première instance à cinq ans de prison, avant que le parquet ne fasse appel de cette décision. Pierre-Marie raconte que cette femme était étrangère et vivait à Paris dans une "extrême solitude". "Dans le box, l'accusée semblait complètement perdue.
Elle avait tout le prétoire contre elle." Pierre-Marie. À l’issue du procès, la peine de l’accusée est aggravée : elle écope de dix ans de prison. "J'ai ressenti beaucoup de culpabilité, mais c’était une décision collective." Le verdict fait à Pierre-Marie l’effet d’une onde de choc.
Il a du mal à sortir de ce sentiment de culpabilité et décide, plusieurs mois après, de contacter l'avocate de la condamnée. "Je voulais aller voir la détenue en prison, même si je savais que c’était répréhensible." Pierre-Marie. Une initiative à laquelle l'avocate n'est absolument pas favorable, car, selon elle, la détenue ne comprendrait pas cette démarche.
À l’issue du procès, la peine de l’accusée est aggravée : elle écope de dix ans de prison.
Agent de l’Office Français de la Biodiversité, Stéphane raconte la réalité du terrain : les atteintes à l’environnement, la montée des violences autour de ses missions et l’usure de son engagement.
Stéphane a 50 ans. Il habite dans Le Dessoubre, dans le Doubs. Il se souvient du voisin de ses parents quand il était enfant. "Mes parents ont habité à côté d'un agent de l'Office national de la chasse. J'étais fasciné par ce garde, par ce qu'il faisait. C'est quelqu'un qui était passionné d'environnement et qui allait surveiller les rapaces. Il restait quelques nids de faucon pèlerin pour tout le département. Ces gens-là veillaient presque jour et nuit. Ces missions me paraissaient tellement importantes déjà à l'époque que c'est lui qui m'a donné cette idée et j'ai tout fait pour arriver à mes fins."
C'est comme ça que Stéphane entre en 1991 à ce qui était à l'époque l'Office National de la chasse et de la faune sauvage. "Quand je suis sorti de troisième, j'ai commencé par faire un BEPA polyculture élevage à Dannemarie. Nos agriculteurs sont tous formés là-bas. J'ai passé le concours en 1990."
En 2020, à l'occasion d'une fusion avec un autre organisme, l'Office National de la chasse et de la faune sauvage devient l'Office français de la biodiversité (OFB). C'est un établissement public pour la protection et la restauration de la biodiversité, sous la tutelle des ministères chargés de l'Écologie et de l'Agriculture. "Les agents, on est entre dix et quinze par département. Les missions, c'est à peu près en moyenne, je pense, 70 % de missions de police. Ça pouvait être la chasse, la pêche, la pollution de l'eau par exemple, et tout ce qui concerne l'environnement." "La police bosse dans les grandes villes, les gendarmes bossent dans les villages, nous, on bosse dans la nature" Une partie du travail de Stéphane consiste donc dans le contrôle de la chasse. "Mon boulot était d'aller voir, contrôler les chasseurs en pleine action, voir s'ils n'avaient pas des chevrotines dans le fusil, quand on n'a que le droit de tirer du gibier à balles, etc. En théorie, on n'a pas le droit de chasser en voiture, donc voir s'ils étaient bien allés au poste à pied, s'ils ne couraient pas après les animaux avec leur véhicule."
Avec la disparition progressive de la biodiversité au cours des trente dernières années, le métier de Stéphane se transforme. "De plus en plus, l'Office français s'est orienté sur des espèces plus rares. De plus en plus, on nous a dit : 'Mais là où il n'y a pas d'enjeu, laissez tomber. N'allez plus contrôler un chasseur qui chasse les sangliers, à la rigueur ces sangliers, qu'ils les tuent en voiture, qu'ils les tuent avec des chevrotines ou bien qu'ils ne les tuent pas, il n'y a pas beaucoup d'enjeu. En revanche, allez voir ce qui se passe tout au bord de l'eau, parce qu'on sait que si au bord de l'eau tout crève, la chaîne alimentaire va s'en trouver impactée'." La fonction de Stéphane reste une fonction de police autour de l'environnement. "En France, il y a la police qui bosse dans les grandes villes, les gendarmes bossent dans les villages et puis nous on bosse dans la nature. Concrètement, le travail, quand on constatait une pollution dans nos rivières, soit parce qu'il y avait des poissons qui mouraient, soit parce que l'eau avait une coloration bizarre, on pouvait la constater parce qu'on nous avait dit ça sent les hydrocarbures ou ça sent mauvais à tel endroit, notre mission était de relever par procès-verbal, trouver une origine, trouver un coupable et puis le transmettre à la justice."
Pendant le confinement, Stéphane continue d'exercer son métier. "On nous envoie un petit message, il y a une pelleteuse qui est en train d'arracher des haies sur la commune de Guyans-Vennes. [...] Je trouve cette pelleteuse et je stationne mon véhicule au bord d'une route. Et puis j'ai tout juste le temps de descendre de ma voiture qu'un gars à vélo débarque derrière moi, je ne connaissais cette personne ni d'Ève ni d'Adam, en me disant : 'Mais qu'est-ce que vous venez faire là ?' Vous êtes chez moi, il faut foutre le camp !" S'ensuit une confrontation entre Stéphane et le particulier. "J'ai dit : 'Écoutez, non, je viens juste faire un constat, je viens voir ce qui se passe autour de ces haies, il y a une pelleteuse qui est en train d'arracher des haies, je viens constater'. 'Foutez le camp, vous êtes chez moi !'. Alors, il me pousse une fois, je recule, il me repousse une fois, je recule encore." La tension monte. "Cette personne, tellement excitée, commençait à crier vraiment fort. Malgré le fait de lui avoir dit : 'Mais gardez vos distances, on est en confinement, je n'ai pas de masque, on doit garder nos distances.".. Mais l'homme ne se calme pas...
Stéphane n'a rien changé à son mode de vie ni à ses habitudes. Il fait un peu de bûcheronnage et nettoie quelques sentiers autour de chez lui. Il continue à vivre selon ses principes, sans excès ni déplacements inutiles.