BETTY BOO - Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ... La vie est une belle chose ...
Et le bonheur ... Le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...

MERCREDI 15 JUILLET

NĂ©s en Éthiopie, ils ont Ă©tĂ© adoptĂ©s comme des milliers d’autres enfants Ă©thiopiens. ArrachĂ©s Ă  leur famille par une association malveillante, ils ont atterri dans des familles françaises qui souhaitaient adopter. Aujourd'hui adultes, ils ont pu renouer des liens avec leur famille Ă©thiopienne.
Ce sont des histoires marquĂ©es par le mensonge et la dissimulation, oĂą se mĂŞlent et s'emmĂŞlent des violences symboliques et physiques, des identitĂ©s clivĂ©es, troublĂ©es, brisĂ©es. Ils sont nĂ©s en Éthiopie, mais ont Ă©tĂ© enlevĂ©s Ă  leurs familles, adoptĂ©s par le biais d’une association catholique, les Enfants de Reine de MisĂ©ricorde. Samuel est l’un d’eux. Il arrive en France en 1996 avec ses deux sĹ“urs. Il se rappelle peu de ses parents biologiques, qui meurent dans son enfance. Avant son adoption via les Enfants de Reine de MisĂ©ricorde, il est placĂ© dans un orphelinat. Il se dĂ©sole : "Je n’Ă©tais pas prĂ©parĂ© Ă  un dĂ©part pour la France. On nous a nettoyĂ©s comme des voitures pour qu’on soit prĂ©sentable." Quand il rencontre ses parents adoptifs, catholiques très pratiquants, Samuel reste dans l’incomprĂ©hension. Avec ses deux sĹ“urs, il arrive dans le Limousin au sein d'une famille de six enfants, dont deux sont adoptĂ©s. Son quotidien est marquĂ© par l’absence de plaisir : l’Ă©ducation est sĂ©vère, ponctuĂ©e de corrections corporelles. Si Samuel n’a que peu de souvenirs, il se rappelle son inimitiĂ©... Il tĂ©moigne : "Ils me dĂ©goutaient un petit peu. Lui avait une barbe qui me rĂ©vulsait. Je trouvais qu’ils sentaient mauvais, je les trouvais moches et effrayants." Ă€ mesure qu’il grandit, les coups et violences augmentent. Sa première sĹ“ur finit par quitter le foyer après une scène de violences avec la mère adoptive : "Elle lui mettait des coups sur la tĂŞte. Ma sĹ“ur s’est levĂ©e et l’a plaquĂ©e contre le mur, et elle est partie. LĂ , ça a Ă©tĂ© un prĂ©texte pour dire que ma sĹ“ur Ă©tait extrĂŞmement violente, que c’Ă©tait un danger et qu’il fallait la placer." La seconde sĹ“ur de Samuel finit aussi par partir, avant qu’il ne parte lui-mĂŞme loin de Paris, sans le sou, sans personne. Il confie : "Je n’ai mĂŞme pas le sentiment d’avoir Ă©tĂ© dĂ©sirĂ©, en fait. Je ne les appelle mĂŞme pas mes parents, car il n’y a rien en commun entre des parents et ces personnes-lĂ , rien de positif qui nous relie." Il y a quelques mois, le jeune homme entre en contact avec d’autres enfants adoptĂ©s par l’intermĂ©diaire des Enfants de Reine de MisĂ©ricorde. Il prend alors conscience que son cas est loin d’ĂŞtre isolĂ© : son identitĂ©, comme celles d’autres enfants, a Ă©tĂ© annihilĂ©e. RĂ©voltĂ©, il dĂ©clare : "Ils ont changĂ© toute mon identitĂ©. Comme si je n’avais pas d’histoire individuelle. Mon histoire a Ă©tĂ© Ă©radiquĂ©e." MalgrĂ© les tentatives de dissuasion qu’il rencontre, Samuel parvient Ă  retourner en Éthiopie et rencontrer toute sa famille, y compris son grand-père maternel : "Il m’a racontĂ© comment il Ă©tait venu devant l’orphelinat pour nous prendre chez lui, nous rĂ©cupĂ©rer, et comment on lui avait mĂŞme interdit de nous voir. Ça ressemble un peu Ă  un enlèvement, quoi. (…) Je me demande comment j’ai pu ĂŞtre dĂ©possĂ©dĂ© d’une telle partie de ma vie."
Julie, elle, a aujourd’hui 24 ans. Issue d’une famille modeste, elle passe une enfance agrĂ©able dans une ville au sud d’Addis-Abeba, la capitale Ă©thiopienne. Quand son père meurt dans un accident de voiture, Julie voit sa mère se battre avec les difficultĂ©s pour s’occuper de ses filles. Un jour, elle annonce Ă  Julie qu’elle doit partir : elle et sa sĹ“ur iront en AmĂ©rique. Quand elles s’en vont, les deux sĹ“urs sont prises en charge par un homme qui les attend dans la rue. Au cours du voyage, ce dernier affirme : "Tu vas devoir dire que ta mère est morte de maladie.", il conclut : "Je ne comprenais pas pourquoi." EmmenĂ©es Ă  l’orphelinat, les deux filles sont lavĂ©es comme des objets, rasĂ©es puis apprĂŞtĂ©es. Quand des EuropĂ©ens visitent l’orphelinat, c’est la fĂŞte : on feint le bonheur avant que certains enfants ne disparaissent le soir mĂŞme, adoptĂ©s. Vient le jour oĂą c’est au tour des deux sĹ“urs. Comme Samuel, Julie ne s’attend pas Ă  ce qui va advenir : "Je n’avais aucune idĂ©e d’oĂą j’Ă©tais, mĂŞme quand je suis arrivĂ©e Ă  Roissy. Pour moi, j’Ă©tais en AmĂ©rique, parce que je n’avais ni connaissance de Paris, ni de la France." Très vite, les relations de Julie avec sa mère adoptive se tendent. Julie refuse de voir sa mère biologique remplacĂ©e. Sauf que le couple pense voir adoptĂ© des orphelines… Elle se souvient : "Ă€ l’Ă©cole, tout se passait bien, mais Ă  la maison, c'Ă©tait vraiment difficile. Je voulais fuguer, c’Ă©tait trop compliquĂ© d’ĂŞtre dans ce monde. J’Ă©tais dans un nouveau monde, mais je ne pouvais pas oublier l’ancien (l’Éthiopie). Un jour, j’ai pris 37 cachets. Lorsque j’ai fait ça, mes parents Ă©taient fatiguĂ©s. J’Ă©tais trop en Ă©bullition." Son père adoptif essaie pourtant d’Ă©claircir l’histoire. Après avoir reçu certains renseignements, Julie en vient Ă  Ă©crire une lettre Ă  sa mère biologique, qui lui rĂ©pond un an plus tard en lui expliquant qu’elle la battait, ainsi que sa sĹ“ur, car elle n'arrivait pas Ă  faire autrement. Lasse de cette histoire mouvementĂ©e, Julie dĂ©mĂ©nage Ă  Paris. Elle finit par renouer avec son ancienne vie et Sara, son ancien prĂ©nom. En 2017, sa mère biologique refait surface dans sa vie par l’intermĂ©diaire des rĂ©seaux sociaux. C’est Ă  cette occasion qu’elle renoue avec elle, l'entend de vive voix au tĂ©lĂ©phone, et dĂ©couvre tous les mensonges, toutes les manipulations, toutes les raisons de ces annĂ©es difficiles... Julie tĂ©moigne : "J’ai eu tellement de peine pour ma mère. Qu’elle ait dĂ» subir tout ça, c’est inhumain…"
le 14 juillet est fĂ©riĂ© car c’est ce jour-lĂ  qu’est cĂ©lĂ©brĂ©e la fĂŞte nationale française, avec son traditionnel dĂ©filĂ© militaire, ses feux d’artifices et bals populaires. L'histoire est bien plus complexe... Le 14 juillet fait en rĂ©alitĂ© rĂ©fĂ©rence Ă  deux Ă©vĂ©nements majeurs de l’histoire de France : la prise de la Bastille et la FĂŞte de la FĂ©dĂ©ration.
Cet Ă©pisode marque le dĂ©but de la RĂ©volution française. Ce jour-lĂ , les Parisiens s’emparent de la prison royale de la Bastille, symbole de l’arbitraire du pouvoir monarchique. L’espoir suscitĂ© par la convocation des États gĂ©nĂ©raux, qui rĂ©unissent des reprĂ©sentants Ă©lus de la noblesse, du clergĂ© et du Tiers-État, a Ă©tĂ© remplacĂ© par l’inquiĂ©tude alors qu’enfle la rumeur d’une intervention imminente des troupes royales, qui se concentrent aux portes de Paris, le tout dans un contexte de hausse des prix du pain et de crainte d’une disette. La prise de la Bastille, oĂą sont stockĂ©es poudre et balles, et le pillage des Invalides, qui garde les armes, marquent la fin d’un rĂ©gime absolutiste et l’espoir d’un nouveau contrat social fondĂ© sur la libertĂ© et l’Ă©galitĂ©.Pour le premier anniversaire de la prise de la Bastille, La Fayette, commandant de la garde parisienne, propose d’organiser une fĂŞte nationale de la FĂ©dĂ©ration le 14 juillet 1790 pour cĂ©lĂ©brer l’unitĂ© des Français. Cette FĂŞte de la FĂ©dĂ©ration se dĂ©roule sur le Champ-de-Mars, Ă  Paris, en prĂ©sence du roi Louis XVI - qui prĂŞte alors serment Ă  la Constitution -, de dĂ©putĂ©s et de milliers de citoyens venus de toute la France. Cette journĂ©e cĂ©lèbre l’unitĂ© du pays et l’adhĂ©sion Ă  des valeurs communes. Dès 1791, la liesse populaire n’est plus d’actualitĂ© le 14 juillet. Au fil des rĂ©gimes qui se succèdent, les jours de cĂ©lĂ©bration oscillent entre la fĂŞte de l'Empereur le 15 aoĂ»t sous NapolĂ©on, la fĂŞte de la saint Charles, de la saint Louis ou de saint Philippe sous la Restauration. La Seconde rĂ©publique opte, elle, pour le 22 septembre.
C’est n’est qu’en 1880, sous la Troisième RĂ©publique, que le 14 juillet devient officiellement jour de fĂŞte nationale annuelle par la loi du loi du 6 juillet 1880, adoptĂ©e Ă  l’unanimitĂ© par le SĂ©nat et l’AssemblĂ©e. L’objectif est d’enraciner les valeurs de la RĂ©publique au moyen de symboles, rituels et autres pratiques collectives. le 5 mai, date de la sĂ©ance solennelle d’ouverture des États-GĂ©nĂ©raux en 1789, le 4 aoĂ»t, qui correspond au vote de l’abolition des privilèges en 1789, les 27, 28 ou 29 juillet de la RĂ©volution de 1830, le 24 fĂ©vrier de la RĂ©volution de 1848. Le 14 juillet, pour sa double valeur symbolique, a finalement Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©. La prise de la Bastille en 1789 s’impose dans l’imaginaire collectif comme la victoire du peuple sur l’arbitraire royal, un Ă©vĂ©nement adouci par la fĂŞte de 1790 et sa dimension fĂ©dĂ©ratrice autour d’un Ă©vĂ©nement commun. La date est dĂ©clarĂ©e chĂ´mĂ©e dès 1880.C’est n’est qu’en 1880, sous la Troisième RĂ©publique, que le 14 juillet devient officiellement jour de fĂŞte nationale annuelle par la loi du loi du 6 juillet 1880, adoptĂ©e Ă  l’unanimitĂ© par le SĂ©nat et l’AssemblĂ©e. Chaque annĂ©e, le 14 juillet donne lieu Ă  des cĂ©lĂ©brations variĂ©es : bals, feux d’artifices, cĂ©rĂ©monies, mais aussi un important dĂ©filĂ© militaire. La participation de l’ArmĂ©e aux festivitĂ©s populaires est une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e dès l’instauration de la fĂŞte nationale, le 14 juillet 1880, pour tĂ©moigner de l’union de la Nation tout entière autour de valeurs communes. Le dĂ©filĂ© militaire du 14 juillet a d’abord Ă©tĂ© organisĂ© sur l’hippodrome de Longchamp, avant d’ĂŞtre dĂ©placĂ© pour la première fois sur l’avenue des Champs-ÉlysĂ©es en 1919. Il n’y restera pas constamment, alternant entre diffĂ©rents grands axes parisiens Ă  partir de la Seconde guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1980 que le dĂ©filĂ© se fixe sur les Champs-ÉlysĂ©es, avec quelques exceptions. Il se dĂ©roule ainsi notamment sur l’avenue Foch en 2024 en raison des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.