Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
À Vannes, la Maison bleue accueille ceux dont on ne veut plus ni dans le privé, ni en HLM. Quelques kilomètres plus loin, des habitants occupent des résidences secondaires, le temps de trouver un logement pérenne. À Paris, Estelle et Alexandre reçoivent une proposition d'hébergement temporaire.
Estelle, Alexandre et leur petite fille sont Ă  la rue depuis un an. Actuellement, la famille est logĂ©e par le SAMU social dans une chambre d’hĂ´tel Ă  Palaiseau, Ă  30 km au sud de Paris. Aujourd’hui, le couple est devenu Ă©ligible, selon les critères du 115, Ă  un vrai logement pĂ©renne, "Quand vous arrivez Ă  l'Ă©chelon au dernier grade, vous ĂŞtes prioritaire pour des propositions de logement Ă  très long terme et dĂ©finitives". C’est justement parce que la famille est sur cette liste prioritaire, qu’Estelle hĂ©site Ă  accepter la proposition d’hĂ©bergement temporaire d’une auditrice, "Si on accepte la proposition de la bienfaitrice, quand on reviendra dans le dispositif, après le sĂ©jour chez elle, on redescendra au bas de l’Ă©chelle", "il faudra recommencer Ă  zĂ©ro, comme il y a un an".
Estelle et Alexandre rĂ©flĂ©chissent parfois Ă  quitter l’ĂŽle-de-France, pour maximiser leurs chances d’ĂŞtre logĂ©s. Mais rien n’est moins sĂ»r. Jusqu'en octobre 2023, il y avait en France 28 zones dĂ©finies comme tendues par le gouvernement, c’est-Ă -dire des zones dans lesquelles se loger est très compliquĂ©, et parfois mĂŞme impossible. Sauf que la rĂ©cente crise du logement a vu entrer dans cette liste noire, en octobre 2023, 154 nouvelles communes, parmi lesquelles Brest, Lorient et Vannes. Ă€ Vannes justement, RĂ©mi Dybowski-Douat se rend Ă  la Maison bleue, "*un immeuble associatif oĂą vivent celles et ceux qu'on a voulu nulle part ailleurs, pas plus en HLM que dans le parc privĂ© "*Il y a 17 logements, une salle d'animation, une buanderie ou encore un atelier, tout ce qu'il faut pour se refaire une santĂ© pendant quelques mois avant de repartir dans la bataille du logement". Odile et Sylvie sont toutes deux rĂ©sidentes.
Sylvie raconte l’angoisse de se retrouver sans logement, après que ses propriĂ©taires ont dĂ©cidĂ© de mettre en vente l’appartement dans lequel elle logeait, "Une assistante sociale m'a dirigĂ©e vers le parc privĂ© et Habitat et Humanisme, je n'y croyais pas du tout", "Je pensais vraiment me retrouver Ă  la rue au bout de quelques mois, ils ont Ă©tĂ© extrĂŞmement rĂ©actifs dès que le dossier a Ă©tĂ© posĂ©", "Passage en commission dans les deux mois, j'ai une rĂ©ponse positive : un mois et demi après, on me proposait de visiter un logement". Pourtant, dans cette rĂ©gion, et dans le reste de la France, ce ne sont pas les dĂ©marches solidaires d’habitat collectif qui se multiplient, mais bien les rĂ©sidences secondaires, inoccupĂ©es la majeure partie de l’annĂ©e. Ă€ Carnac, RĂ©mi Dybowski-Douat rencontre HervĂ©, le fondateur de l’association les Volets Ouverts, "On essaie de trouver des solutions de logement pour des gens qui sont dans l'impasse, qui travaillent ici, qui vivent ici, mais qui ne peuvent pas s'y loger.
L'accession Ă  la propriĂ©tĂ©, c'est quand mĂŞme hors de prix, et puis la location Ă  l'annĂ©e, il n'y a strictement rien, parce que comme on est une zone très touristique, des personnes qui louent prĂ©fèrent faire de la location de courte durĂ©e, de l'Airbnb par exemple". Pour permettre Ă  ces familles modestes de se loger Ă  l’annĂ©e, HervĂ© contacte les propriĂ©taires des rĂ©sidences secondaires du secteur et organise avec eux la location de leurs biens sur les pĂ©riodes dans lesquelles ils n’y rĂ©sident pas. C’est grâce aux Volets Ouverts qu’Emmanuelle, cĂ©ramiste en reconversion, a pu Ă©chapper Ă  la vie en camping, "Quand j'ai dĂ©couvert la maison la première fois, j'ai Ă©tĂ© super Ă©mue d'avoir cet endroit oĂą j'allais enfin pouvoir me reposer un petit peu".
Odile est artiste-peintre, mais elle ne vit pas de cette activitĂ©. Elle touche le RSA, ce qui ne lui permet pas de payer un loyer dans le parc privĂ©. Face Ă  la pĂ©nurie de logements HLM de petite taille, elle dĂ©cide d’abord de vivre quelque temps dans un camping-car. Sans grand espoir, elle fait une demande de logement auprès de l’association qui gère la Maison bleue. Le dossier d’Odile est retenu, "J'ai un appart tout lĂ -haut et 25 € de loyer avec les charges".
"Dans ma famille, on dit que ma grand-mère et mon père ont le don des larmes et qu'ils me l'auraient donné." Zoé pleure tout le temps comme le faisaient son père et sa grand-mère.
Zoé, elle, pleure souvent, sans toujours pouvoir l'expliquer. Elle pleure de joie et de tristesse. C'est son "mode d'expression". "Quand les enfants s'arrêtent de pleurer, moi, je ne me suis pas arrêtée." Fondre en larmes, Zoé le vit comme une sensation de débordement : "Mes joues deviennent rouges, la chaleur me monte au visage, et après, d'un seul coup, ça explose un peu comme un volcan. [...]
J'ai vraiment une réserve de larmes et de matière à pleurer." Zoé se rappelle les fois où son père, submergé par l'émotion, pleurait lorsqu'elle partait de chez ses parents après leur avoir rendu visite. C'est peut-être parce qu'il passait énormément de temps avec elle, petite, qu'il lui a transmis son "don des larmes" et sa sensibilité. Pour compenser son absence, Zoé sait qu'elle devra pleurer, beaucoup.
Maud verse des larmes au son d’une musique. Et puis il y a Maud, dont les larmes ne coulaient plus après le dĂ©cès de la fille qu'elle aimait au lycĂ©e. "Comme je ne pouvais pas parler de cette histoire, je ne pouvais pas me permettre que ça se voit. Ce n'Ă©tait pas possible d'arriver les yeux gonflĂ©s au lycĂ©e tous les jours.
" Ses larmes ont coulĂ© de nouveau le jour oĂą elle a dĂ©couvert Le Trio n°2 composĂ© par Franz Schubert. "C'Ă©taient des larmes très douces, qui ramenaient mon chagrin Ă  l'endroit de l'amour. Il n'y avait rien de sombre dans ce morceau. J'ai pris conscience qu'il pouvait y avoir de la lumière dans le chagrin. " "Cette musique, c'Ă©tait comme un refuge pour mes larmes, comme si ce violoncelle me comprenait."