💕PeTiTe-Fleur
Horloge -
Moi ... ma vie ...
Et tout ce que j'aime ...
La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
"En Argentine, dans les années 1960-1970, c'était inimaginable d'être lesbienne"
Lili, 78 ans, est née et a grandi en Argentine : "C'est là-bas que je suis tombée amoureuse pour la première fois avec une femme, et je n'ai pas pu le dire."
À l'âge de 33 ans, Lili est étudiante à Paris et elle vit sa première histoire d'amour possible : "C'était la première fois que je pouvais être moi-même. J'étais folle de joie. Mais je me suis trompée. C'est une connerie avec cette personne".
"Les couples homosexuels n'étaient pas reconnus, je n'avais pas le droit de travailler"
Elle passe une annonce dans le journal pour trouver l'amour : "Je cherchais une femme féminine de mon âge. C'était tout ce qui était dit. J'ai reçu deux, trois lettres". Une femme sort du lot et dès le premier rendez-vous, c'est le coup de foudre : "J'ai été impressionnée par sa culture, par son élégance. En quelques minutes, j'étais subjuguée". À partir de ce jour-là, elles ont vécu ensemble.
La vie était difficile car Lili avait un visa étudiant en France et ne pouvait pas travailler : "Elle m'a aidé à finir ma thèse de doctorat. Je ne l'oublierai jamais. Elle me donnait à manger, payait des impôts comme si elle était seule, parce que je ne pouvais pas être reconnu comme personne à charge".
"Ce que j'avais accepté plus jeune, devenue vieille, je ne l'acceptais plus"
Ensemble, elles ont vécu des années dans différentes villes : "Je me voyais vieillir avec elle. J'étais convaincue que c'était pour la vie". Alors qu'elles habitaient en Provence, Lili trouve un travail à Paris et commence les allers-retours : "Toutes les deux, nous avons compris qu'on vivait mieux en se voyant parfois qu'en vivant ensemble. La vie quotidienne n'était plus faite pour nous".
Avec le temps, sa compagne commence à devenir de plus en plus secrète : "Elle ne parlait pas de ses sentiments. Par moments elle était proche, par moments elle s'éloignait. Et je ne disais rien, J'acceptais tout".
Alors que Lili a 75 ans, il y a la dispute de trop entre elles deux : "Je lui ai dit que je ne voulais plus jamais la revoir et je suis partie. J'étais étonnée d'avoir été réactive. On ne s'est jamais revues, ça c'était vraiment la rupture finale".
Depuis, Lili continue sa vie et fait ce qu'elle veut : "C'est fantastique, je ne dois même pas faire les cafés pour une autre personne". Toutefois, dans les loisirs, elle se sent un peu seule : "Quand j'entends une valse, je danse toute seule en pensant à elle. Celle qui me manque, c'est celle de la jeunesse, celle d'hier, d'il y a 30 ans". Le plus difficile, c'est de payer son loyer car Lili a une petite retraite, mais elle refuse de revivre avec quelqu'un :
"Si jamais je retrouve l'amour de ma vieillesse. C'est chacun chez soi, plus de vie en commun".
Après plusieurs décennies de vie commune, de plus en plus de couples se séparent à l’âge de la retraite. Francine, animée par un profond désir de liberté, quitte son mari à la veille de la retraite.
Francine, 68 ans, habite Le Mans. Elle est issue d'une famille ouvrière de sept enfants : "Nous avons été élevés dans l'idée que les femmes devaient être de bonnes épouses et que les études étaient surtout réservées aux garçons." Très jeune, elle voulait être indépendante : "J'avais envie de vivre quelque chose seule avant de me marier et d'avoir des enfants. Il se trouve que la vie en a décidé autrement."
À l'âge de 25 ans, Francine, alors enceinte de son premier enfant, se marie : "C'est la pression de mes beaux-parents aussi qui a fait que nous nous sommes mariés." Puis les choses se sont enchainées sans vraiment qu'elle le souhaite : "Je n'ai pas eu le temps de choisir, alors j'ai été mère au foyer pendant neuf ans." Les relations avec la famille de son conjoint étaient tendues, Francine subissait beaucoup d'humiliation : "Mon mari pensait que l'amour qu'il me portait pouvait compenser cela, et je le pensais également."
À 38 ans, Francine reprend ses études pendant deux ans : "J'avais quelquefois des moments douloureux où je doutais et je sentais de manière non dite que mon envie de m'élever n'était pas forcément bien perçue de la part de mon mari." C'est à ce moment qu'elle commence à questionner sa place dans son couple : "Je me sentais étouffée, pas libre de penser, de faire ce que je voulais, il était possessif."
Puis un jour, en rentrant du travail, Francine voit la voiture de son mari garée devant la maison et c'est le déclic : "En voyant cette image, je me suis dit que si à la retraite on est toujours ensemble, ça ne va pas aller, je ne supporterai pas."
Francine prend la décision de partir : "À l'époque, je pensais qu'en discutant avec lui, on aurait pu se rabibocher, mais j'ai compris que j'avais besoin d'une coupure importante, qu'il y avait des choses plus profondes à comprendre." Elle s'installe dans un petit appartement : "La première nuit dans mon appartement, c'était un soulagement incroyable."
Francine a pris le temps de tout expliquer à ses enfants : "J'ai réuni mes enfants et je leur ai tout expliqué. Quelle avait ma vie avec leur père, qu'il y avait des choses très positives, mais que là j'en pouvais plus."
Pendant quelques années, Francine a entretenu une relation avec un homme : "Cette relation a été cachée, mais c'était justement quelque chose d'extraordinaire parce que c'était à moi."
Francine vit désormais une vie agréable, avec ses amies, ses enfants et ses petits-enfants. Sa retraite lui permet de subvenir à ses besoins : "Le divorce peut précariser, mais je n'ai jamais pensé à comment ce serait après. Il fallait que je m'en aille, après je m'en sortirai.
" Et à 65 ans, elle a de nouveau rencontré l'amour : "C'est un amour qui me permet d'être moi-même. On habitera jamais ensemble. Non, parce que je pense que vraiment, la vie à deux peut tuer l'amour."
Inscription à :
Articles (Atom)





















