Horloge -
Moi ... ma vie ...
Et tout ce que j'aime ...
La vie est une opportunité, profitez-en ... La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
En 1992, Guillaume Ancel, ancien officier et chroniqueur de guerre. Alors jeune officier déployé avec les Casques bleus au Cambodge, consigne dans son logbook l'avancée de son travail de négociation avec les Khmers rouges.
Guillaume Ancel commence son logbook, le journal de bord de ses opérations militaires, alors qu'il est jeune capitaine d'infanterie en 1992. Il effectue sa première mission à l'étranger, au Cambodge, en tant que Casque bleu. Il est chargé avec ses camarades d'aider à l'application des accords de paix de Paris, signés entre l'État du Cambodge et une coalition de forces armées, dont les Khmers rouges.
Guillaume Ancel est aujourd'hui connu pour avoir été un des seuls officiers à dénoncer l'implication de l'armée française dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Dès sa jeunesse, il choisit la carrière de militaire contre l'avis de sa famille. "Je venais d'un milieu, la grande bourgeoisie textile lyonnaise, qui n'avait aucune culture militaire. Donc je suis parti à Saint-Cyr à 19 ans, contre l'avis de ma famille, qui était un peu consternée et qui se disait au mieux que je serais un fonctionnaire, au pire un mercenaire."
Guillaume a moins d’une trentaine d’années quand il arrive au Cambodge. Il laisse derrière lui son épouse et ses deux filles. Il ne les oublie pas une fois sur place, en refusant d'adopter le même mode de vie que ses camarades, qu'il décrit dans son carnet. "Dimanche 24 mai. Déjeuner sur le Mékong. Malaise généré par la présence de la maîtresse du lieutenant colonel, notre chef, et d'une autre Taxi girl. Le restaurant est sur le Mékong, offrant une vue très belle et très dépouillée, mais l'eau est incroyablement crasseuse et nous préférons ne pas nous baigner."
Dans son logbook, Guillaume raconte son travail quotidien, au sein de la plus grosse mission de l'ONU depuis la fin de la guerre froide. "Mercredi 3 juin 1992. Nous bouclons nos préparatifs, sans doute pour partir demain pour Kampot. Courses avec mes compères irlandais et chinois, c'est assez cocasse. Lee est particulièrement tenace pour négocier les prix. Le major russe, qui est le chef du groupe, est à mon avis un ancien commissaire politique ou un membre du KGB et je reste assez méfiant."
"Dimanche 21 juin. Quel spectacle désolant ! Le Cambodge ressemble à une civilisation qui s'éteint. Tout est détruit, ravagé"
Guillaume arrive en fait dans un pays détruit par 20 ans de guerre civile, et avant cela d'épisodes de violences de masse commises par les Khmers rouges qui ont décimé 20 % de la population. "Ce fut sans doute très beau et très luxueux, mais il n'en reste rien. Saccage affligeant. Les Cambodgiens ont détruit le Cambodge. Une civilisation s'est éteinte. L'ONU tente de ranimer les dernières braises."
Avec les Khmers rouges qui se cachent dans la jungle, les opérations locales de négociation menées par l'ONU peinent à se mettre en place. "Samedi 20 juin. Je commence seulement à travailler comme observateur militaire aujourd'hui, après un mois de patience abusé. Le lieutenant colonel Stolz est arrivé ce matin en hélico pour nous rencontrer avec le gouverneur khmer et le chef des forces locales, les KAPAF. Les forces gouvernementales refusent de désarmer tant que les Khmers rouges les menaceront et le lieutenant colonel leur propose donc la protection de l'ONU."
Alors, que Guillaume et ses camarades tentent de négocier pour installer un camp de réfugiés pour le Haut Commissariat aux Réfugiés sur place, il assiste aux discussions entre les deux parties précédemment belligérantes. "Mercredi 24 juin. Nous ne verrons pas le premier terrain en plein territoire Khmer rouge. Ceux-ci refusent sans appel toute tentative de notre part à cause d'un curieux dialogue radio entre les forces gouvernementales et les Khmers rouges, ponctué d'insultes et de connivences aussi."
C'est alors que Guillaume, confronté à l'ambiguïté de la conversation entre deux forces armées opposées du pays, se décide à agir pour éclaircir la situation...
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