Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ...

La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Hugo est musicien et catholique. Certaines nuits, il enfile ses talons et sa perruque pour devenir Miss Badessa, une diva qui assume sa foi. Khookha est trans et non binaire. Drag queen militante à Tunis, elle s'est exilée à Paris et porte fièrement son héritage musulman dans sa pratique artistique.
"Quand je me prenais en photo, un aspect féminin ressortait." Khookha a 39 ans, elle habite à Paris depuis 9 mois. Traductrice le jour et drag queen la nuit, elle se définit comme non-binaire "Parfois je me considère plus du côté de la féminité et parfois plus androgyne." Khookha a grandi dans une famille musulmane conservatrice à Tunis "Je ne peux pas me détacher de cette appartenance, je l'assume culturellement mais j'ai ma propre vision de l'islam." À l'université, Khookha se met à faire des autoportraits "Je me prenais en photo, un aspect féminin ressortait." En 2015, elle a posté des photos d'elle maquillée sur les réseaux sociaux "Un autoportrait peut faire bouger des choses." Khookha s'est introduite à l'activisme et à la société civile en Tunisie."
En 2017, Khookha monte pour la première fois sur scène en tant que drag queen lors d'une soirée militante "Pour moi, c'était un moment historique dans l'histoire de la Tunisie, mais aussi dans l'histoire du mouvement LGBTQIA+." Une vague d'arrestation touche les journalistes, activistes et associations LGBTQIA+, Khookha prend une décision "Je savais que c'était une question de temps avant que je sois arrêtée. J'ai pris la décision de fuir." L'intégration à la scène artistique parisienne n'est pas facile "Je dois faire mes preuves et tout refaire à zéro, ce qui peut être un peu épuisant. Mais je sais que je vais le faire." L'appartenance à l'islam occupe une place importante dans la vie de Khookha "J'avais deux choix : soit me détacher complètement par rapport à ce paradigme, ou bien je l'adopte et je le façonne à ma manière." Dans sa pratique artistique, elle s'inspire de la culture traditionnelle tunisienne
"J'essaye d'introduire ces éléments de culture, ces éléments esthétiques dans le drag, mais avec un petit twist plus moderne." Aujourd'hui, Khookha n'est plus pratiquante mais garde l'essence de l'islam "J'ai fait le premier tatouage de deux versets du Coran qui résument pour moi l'essence du Coran. Et ça parle de la bienveillance." Hugo, 36 ans, est catholique pratiquant et homosexuel. Il est contre-ténor, flûtiste et l'interprète de Miss Badessa "Une diva franco-italienne qui raconte sa vie et son œuvre à travers des airs d'opéra." Hugo a grandi au Québec de parents français "Ma famille pourrait être définie comme une famille de bouffeurs de curés. " À 18 ans, Hugo arrive à Paris et ressent pour la première fois quelque chose pour un garçon "À ce moment-là, s'est ouvert tout un chapitre de réflexions assez dures sur la foi et l'homosexualité." Pendant quelques années, il entre en quête spirituelle "Pour comprendre si j'étais appelé ou non à entrer au monastère."
Le travestissement a toujours fait partie de la vie d'Hugo "J'avais le plaisir de créer des personnages, mais vers la fin du primaire, j'ai compris que ça pouvait m'attirer des ennuis." À 18 ans, il fait une conversation personnelle à Dalida "J'ai étouffé le personnage qui n'était pas nommé au début, qui était un genre d'imitation de Dalida qui a pris son autonomie narrative pour devenir Miss Badessa."Alors qu'il habitait à Florence, avec un groupe d'amis gays, ils regardaient l'émission Sanremo, une sorte d'Eurovision italienne "Mes amis se moquaient de moi parce que j'étais le seul religieux dans la bande, ils s'étaient mis à m'appeler la Badessa." Dans son personnage de Miss Badessa, le chant lyrique est central "J'ai cherché à travailler la voix de contre-ténor qui pour un homme, permet dans une certaine mesure de donner une illusion auditive féminine pour me permettre d'incarner des rôles féminins." À ses débuts, Hugo a pu ressentir quelques déceptions vis à vis de l'univers drag "Je m'attendais à davantage de sororité et de solidarité ." Au départ, Hugo souhaitait séparer sa foi de son art du travestissement, mais avec le temps "J'assume la part religieuse de Miss Badessa."
"Mon secret beauté, quelques gouttes d'eau de Lourdes."

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