Horloge -

Moi ... ma vie ... Et tout ce que j'aime ... La vie est une opportunité, profitez-en ... La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ... La vie est un rêve, réalisez-la ... La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...

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Shana a été placée par la protection de l’enfance. Depuis quelques années, l'adolescentes fait revivre Bonnefond, village perché sur le plateau de Millevaches, en cohabitant avec les seniors du village, comme Lucette et Robert.
Quand Shana est placée en famille d'accueil, elle n'a que huit ans, c'était sa maîtresse qui s'occupait d'elle jusqu'alors : "Elle payait la cantine, la garderie, elle m'emmenait à l'école aussi. C'est elle que je considérais comme une maman." Elle arrive à Bonnefond à douze ans, un lieu intergénérationnel : "J'ouvre la porte de la maison et deux jeunes me sautent dans les bras. C'était plutôt pas mal." Après un temps d'adaptation, Shana s'épanouit dans son nouvel environnement : "On fait de la cuisine, des arts martiaux, des voyages. Mon meilleur souvenir c'est celui à l'île de Ré : on a vu un spectacle de plancton phosphorescent." La jeune fille adore la cuisine, surtout avec Lucette : "Elle nous apprend des choses qu'elle a vécues, comme "une flognarde aux pommes, un dessert typique de la Corrèze !"
En plus de partager des recettes, Lucette partage une belle intimité avec Shana : "C'était super compliqué de parler avant, je gardais tout pour moi. Avec Lucette et Florence, la directrice de Live*, on a beaucoup parlé, ça fait du bien." Shana souhaite s'orienter dans l'aide à la personne : "J'aime bien m'occuper des gens un peu fragiles maintenant, m'occuper de personnes âgées ça me plairait bien."
Une forme d'idéal semble avoir émergé dans le village : "Les jeunes c'est l'avenir, la joie de vivre. Vivre ses derniers jours entouré d'enfants, que voulez-vous de plus ?" Lucette
le village et la rumeur - En novembre 2021, un incendie se déclare à Saint-Jeures, en Haute-Loire, sur le terrain de la future villa de "Yassine", qui compte onze chambres, une piscine et une salle de prière. Une précision qui n'a pas manqué d’alerter quelques habitants du village et qui a alimenté la rumeur et la violence.
Quand "André Dubœuf, le maire sans étiquette" de la commune de Saint-Jeures en Haute-Loire, découvre le projet de construction de Yassine, il est quelque peu déstabilisé par son ampleur. Il s’agit d’une villa de mille cent trente-cinq mètres carrés, avec une piscine, jacuzzi et hammam, des salles de réunion, d’archives, de jeux, et onze chambres avec salles de bains privées. De quoi offrir une vie agréable aux enfants et un cadre de télétravail idéal aux parents, souligne l’auteur du projet, un Lyonnais de trente-huit ans. L'idée est aussi d'organiser de grandes réunions de famille, et de recevoir des amis nombreux — bref, de construire un espace accueillant et luxueux. L'homme qui a pensé ce projet, un jeune entrepreneur qui mène plusieurs projets de front, pourrait n’être, somme toute, qu’un père de famille fortuné désireux de s’établir à la campagne, comme on en voit beaucoup dans la région.
Quelque chose attire l’attention du maire : sur les plans, il y a, parmi toutes les pièces de la villa, une salle de prière de vingt mètres carrés. Les réactions ne se font pas attendre. Alors que la région de Saint-Jeures est connue pour être une terre de cohabitation entre catholiques et protestants, l’idée qu’une famille musulmane vienne s’établir dans la commune est une perspective qui en fait trembler certains. Si le maire signe le permis de construire sans s’inquiéter outre mesure, la rumeur commence à se répandre parmi les Saint-Jeurois : la villa serait en réalité une mosquée, une école coranique, voire un repaire de djihadistes. Un mot revient, sonnant comme une menace : islamisation. On vient jeter un œil furtif aux travaux qui commencent, comme le raconte Noémie, une riveraine, qui parle d’une "jalousie malsaine", mais surtout d’une ambiance très pesante au sein du village. Un jour, "Yassine apprend coup sur coup l’existence d’une pétition contre son projet" et la nouvelle d’un incendie criminel sur le terrain qu'il a acheté. "Je suis vidé, consterné, avec plein de remises en question. Je me dis : à quel moment tu t'es mal comporté avec les voisins ? C'est pas possible, j'ai raté quelque chose. Ça m'a touché parce que le rapport avec le feu est particulier, le signal est assez fort : vous n'êtes pas le bienvenu, Yassine, abandonnez votre projet." Yassine C’est alors que commence un débat houleux entre ceux qui défendent "Yassine", comme Didier Rault, conseiller municipal, dénonçant les amalgames et les pensées xénophobes de leurs voisins, et les auto-proclamés "Saint-Jeurois de souche" qui arguent de leur lignage pour attaquer le nouvel arrivant. Les uns avancent des arguments d’ordre patrimoniaux ou architecturaux, se défendant de tout racisme, tandis que d'autres affirment clairement leur islamophobie. Face à ce déferlement d’opinions diverses et variées, Yassine décide de tenir bon, et refuse d’abandonner son projet. "Qu'est-ce que je vais pouvoir raconter à mes enfants, alors? Qu’on ne va pas faire la maison de Saint-Jeures, non pas parce qu'on n'a pas les moyens, non pas parce qu'on n'a pas respecté les règles du droit, mais parce qu'on nous a assimilés à des musulmans qui viennent s'installer pour créer une mosquée ? Et qu’on ne sera jamais les bienvenus sur le village ?" Yassine.