đź’•PeTiTe-Fleur
Horloge -
Moi ... ma vie ...
Et tout ce que j'aime ...
La vie est une opportunité, profitez-en ...
La vie est belle, admirez la ...
La vie est un devoir, complètez-la ...
La vie est un rêve, réalisez-la ...
La vie est une belle chose ...
Et le bonheur est le but de l'existence ...
La vie est un jeu, jouez-la ...
Une histoire particulière -
L’histoire rocambolesque de Paul Kern rĂ©veille un vieux fantasme de l'humanitĂ©, celui d’abolir le sommeil.
Dès l’AntiquitĂ©, des philosophes affirment que cet Ă©tat de suspension de la conscience est une perte de temps. Au Moyen Ă‚ge, il est considĂ©rĂ© comme un moment de vulnĂ©rabilitĂ© et au XVIIᵉ siècle, le philosophe John Locke, père du libĂ©ralisme politique, le considère comme un frein inĂ©vitable Ă l’accomplissement des tâches assignĂ©es par Dieu aux hommes.
Un des mĂ©decins consultĂ© par Paul Kern, le docteur Ernst Frey, spĂ©cialiste des maladies mentales et nerveuses Ă l'universitĂ© Eötvös Loránd (Budapest), Ă©met l’hypothèse que la balle qui a touchĂ© son patient a dĂ» endommager l'organe aux commandes du sommeil !
EncouragĂ© par d’autres mĂ©decins, il se met en tĂŞte de le trouver. S’il est couronnĂ© de succès, l’Humain serait enfin libĂ©rĂ© et comme Paul Kern, il aurait le loisir de profiter de tout son temps !
Face Ă cet emballement des scientifiques, des voix s’Ă©lèvent et alertent : supprimer le sommeil ne serait pas une libĂ©ration mais un drame pour l’HumanitĂ© !
Dans ces annĂ©es 1930, ère oĂą la productivitĂ© est reine et alors que le fordisme sĂ©vit dans les usines, changeant peu Ă peu l’homme en machine,abolir le sommeil transformerait l'humanitĂ© en une machine rentable Ă 100% ! Dans cette entre-deux-guerres, l’homme sans sommeil serait aussi une aubaine pour les armĂ©es. La possibilitĂ© d’avoir un soldat obĂ©issant, capable de combattre jour et nuit, est idĂ©al pour mener une guerre Ă©clair. Est-ce pour cette raison que Paul Kern a Ă©tĂ© auscultĂ© par des spĂ©cialistes nazis dès 1935, alors qu’Hitler imaginait sa blitzkrieg pour conquĂ©rir l’Europe ?
Il meurt finalement en 1943, en emportant dans sa tombe le secret de sa vie "extraordinaire", mais sous contraintes. L’absence de sommeil lui crĂ©ait de fortes angoisses et le dĂ©primait fortement. Il restait Ă©veillĂ© pour ne pas revivre dans son sommeil le traumatisme des horreurs vĂ©cues dans les tranchĂ©es ?
De nos jours, c’est aussi une forme de stress et d’anxiĂ©tĂ©, qui nous empĂŞche de bien dormir. La pression de la sociĂ©tĂ©, la modernitĂ© et ses Ă©crans, qui fait tout pour nous maintenir Ă©veillĂ©, attaquent violemment notre sommeil, au point que des spĂ©cialistes n’hĂ©sitent pas Ă parler d’Ă©pidĂ©mie moderne d’insomnie.
Les données scientifiques constatent que les français ont perdu 1h30 de sommeil en 50 ans !
Hugo est musicien et catholique. Certaines nuits, il enfile ses talons et sa perruque pour devenir Miss Badessa, une diva qui assume sa foi. Khookha est trans et non binaire. Drag queen militante à Tunis, elle s'est exilée à Paris et porte fièrement son héritage musulman dans sa pratique artistique.
"Quand je me prenais en photo, un aspect féminin ressortait."
Khookha a 39 ans, elle habite à Paris depuis 9 mois. Traductrice le jour et drag queen la nuit, elle se définit comme non-binaire "Parfois je me considère plus du côté de la féminité et parfois plus androgyne." Khookha a grandi dans une famille musulmane conservatrice à Tunis "Je ne peux pas me détacher de cette appartenance, je l'assume culturellement mais j'ai ma propre vision de l'islam."
À l'université, Khookha se met à faire des autoportraits "Je me prenais en photo, un aspect féminin ressortait." En 2015, elle a posté des photos d'elle maquillée sur les réseaux sociaux "Un autoportrait peut faire bouger des choses." Khookha s'est introduite à l'activisme et à la société civile en Tunisie."
En 2017, Khookha monte pour la première fois sur scène en tant que drag queen lors d'une soirée militante "Pour moi, c'était un moment historique dans l'histoire de la Tunisie, mais aussi dans l'histoire du mouvement LGBTQIA+." Une vague d'arrestation touche les journalistes, activistes et associations LGBTQIA+, Khookha prend une décision "Je savais que c'était une question de temps avant que je sois arrêtée. J'ai pris la décision de fuir." L'intégration à la scène artistique parisienne n'est pas facile "Je dois faire mes preuves et tout refaire à zéro, ce qui peut être un peu épuisant. Mais je sais que je vais le faire."
L'appartenance à l'islam occupe une place importante dans la vie de Khookha "J'avais deux choix : soit me détacher complètement par rapport à ce paradigme, ou bien je l'adopte et je le façonne à ma manière." Dans sa pratique artistique, elle s'inspire de la culture traditionnelle tunisienne
"J'essaye d'introduire ces éléments de culture, ces éléments esthétiques dans le drag, mais avec un petit twist plus moderne." Aujourd'hui, Khookha n'est plus pratiquante mais garde l'essence de l'islam "J'ai fait le premier tatouage de deux versets du Coran qui résument pour moi l'essence du Coran. Et ça parle de la bienveillance."
Hugo, 36 ans, est catholique pratiquant et homosexuel. Il est contre-ténor, flûtiste et l'interprète de Miss Badessa "Une diva franco-italienne qui raconte sa vie et son œuvre à travers des airs d'opéra." Hugo a grandi au Québec de parents français "Ma famille pourrait être définie comme une famille de bouffeurs de curés. "
À 18 ans, Hugo arrive à Paris et ressent pour la première fois quelque chose pour un garçon "À ce moment-là , s'est ouvert tout un chapitre de réflexions assez dures sur la foi et l'homosexualité." Pendant quelques années, il entre en quête spirituelle "Pour comprendre si j'étais appelé ou non à entrer au monastère."
Le travestissement a toujours fait partie de la vie d'Hugo "J'avais le plaisir de créer des personnages, mais vers la fin du primaire, j'ai compris que ça pouvait m'attirer des ennuis." À 18 ans, il fait une conversation personnelle à Dalida "J'ai étouffé le personnage qui n'était pas nommé au début, qui était un genre d'imitation de Dalida qui a pris son autonomie narrative pour devenir Miss Badessa."Alors qu'il habitait à Florence, avec un groupe d'amis gays, ils regardaient l'émission Sanremo, une sorte d'Eurovision italienne "Mes amis se moquaient de moi parce que j'étais le seul religieux dans la bande, ils s'étaient mis à m'appeler la Badessa."
Dans son personnage de Miss Badessa, le chant lyrique est central "J'ai cherché à travailler la voix de contre-ténor qui pour un homme, permet dans une certaine mesure de donner une illusion auditive féminine pour me permettre d'incarner des rôles féminins." À ses débuts, Hugo a pu ressentir quelques déceptions vis à vis de l'univers drag "Je m'attendais à davantage de sororité et de solidarité ." Au départ, Hugo souhaitait séparer sa foi de son art du travestissement, mais avec le temps "J'assume la part religieuse de Miss Badessa."
"Mon secret beauté, quelques gouttes d'eau de Lourdes."
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